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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

De retour du (grand) Paradis !

Dimanche 23 Septembre 2007, 23:50 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 1510 fois
Le parc national du Grand Paradis (Gran Paradisio) est le premier parc national italien avec sa zone protégée de 70.000 ha située entre le Piémont et la Vallée d’Aoste. C’est une région magique, une sorte de sanctuaire de la faune et de la flore qui se prête à d’innombrables randonnées. En compagnie d’un ami passionné de montagne, ornithologue et biologiste éthologue, j’ai eu la chance d’en découvrir une infime partie durant ce dernier week-end en partant de Valnontey, à quelques kilomètres de Cogne.
 
 
La Punta del Tuf et ses curieuses crénelures calcaires
 
Direction le refuge Vittorio Sella à 2584 m. Demain c’est la fermeture et le gardien paraît fatigué ; il prend toutefois le soin de carafer dans les règles de l’art le Barolo Pajana 1993 de Clerico, hissé jusqu’à ces hauteurs. J’aime déguster un grand Barolo de quelques années et chaque fois que je vais en montagne j’en prends (presque) toujours un Barolo dans mon sac, même si ce dernier est parfois bien lourd. Nez de truffe, de café, de fruits secs, de goudron, tannins un brin rugueux mais suavisés par une très belle texture, ce Barolo a fière allure pour un millésime réputé « jaloux » et nous le savourons avec un grand plaisir.
 
Barolo 1993 Pajana de D. Clerico, Marsanne 2002 Grain Noble de Marie-Thérèse Chappaz, une carafe à décanter improvisée mais de vrais verres et de vrais amis ! La vie en refuge n'est pas toujours aussi spartiate qu'on le croit...
 
Le lendemain, au lever du soleil, la lumière enchante le regard sur ce coin du massif. Nous quittons le refuge en  suivant le cours sinueux du Grand Lauson. Extraordinaire impression : comme si nous étions tout à coup transportés dans une vallée tibétaine !
 
 
La lumière vibre d’une intensité particulière à cette saison ; les formes et les reliefs se découpent avec une précision magique. Le fin manteau neigeux qui recouvre certaines combes accentue encore cette magie et la végétation mêlée à la géologie extraordinaire de cette vallée (gneiss stratifiés recouverts par endroits de vagues crénelées de schistes calcaires aux tons fauves) compose un camaïeu superbe. On peut encore y observer les derniers spécimens (en cette saison) de gentiana verna et d’androsace helvetica. Direction le col della Rossa à 3195 m. Où un panorama saisissant s’offre à nous, le Mt-Rose en majesté, l’Alphubel et la face sud du Täschhorn, le Cervin, étrangement découpé avec son étrave de la face sud, 
 
Le Cervin et son étrave effilée de la face sud
 
Dt-Blanche, le Mt-Durand, la Dt-d’Hérens. Nous plongeons en direction de la vallée de Pousset, où, comme sur le versant que nous venons de quitter, abondent bouquetins et chamois, à peine farouches. Une long voyage nous attend pour rejoindre Cogne. C’est l’occasion d’ouvrir la rubrique «tout ce que vous vouliez savoir sur l’accenteur mouchet et que vous n’avez jamais osé demander». Cet oiseau de l’ordre des passeriformes a une vie sexuelle assez étonnante avec une tendance assez évidente à ce que les Anglo-Saxons nomment l’EPC (extra pair copulation). Et voilà le genre de conversation éthérée que l’on peut avoir sur ces hauteurs… C’est mieux que de médire de son prochain. On passe ensuite à la Politique du Chimpanzé, le livre de Franz de Waal et, déjà, se profile l’alpage (à l’abandon) de Pousset. C’est le moment de déguster quelques lichettes de viande séchée et un peu de fromage du val Bedretto mais sans vin car la route est encore longue pour rejoindre Cogne.
Itinéraire : en venant du tunnel du Mt-Blanc, sortie Aoste-ouest. Direction Cogne. A Cogne, continuer jusqu’à Valnontey (1666). Laisser la voiture au parking après le petit pont).
Le refuge Vittorio Sella se trouve à environ 2.30 de marche du parking (il est prudent de réserver).
Du refuge, gagner le col della Rossa (3195). Sur le haut, certaines parties du chemin bordant le torrent peuvent être verglacés. Descente par un chemin par endroits peu visibles. Repérer les kairns. A l’altitude 2000 m environ, le chemin traverse vers l’est à flanc de coteau et redescend en direction de Cogne. Compter environ 6 heures de marches pour la deuxième journée.
Carte : Grand Paradiso La Grivola Cogne 101 -  1:25 000
Saison : mois de juin pour la flore ou automne pour le Barolo !
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mauss dit

Est-il vrai que Mr de Wall travaille sur un opuscule traitant des Bonobo vivant sur Suisse ?

Lundi 24 Septembre 2007, 08:04 GMT+2 | Retour au début

Arthur H. dit

Avez-vous entendu parler de cette recherche ? J'ai effectivement ouï dire qu'il y avait des "pistes" dans cette direction, du côté de Genève, je crois...

Lundi 24 Septembre 2007, 09:23 GMT+2 | Retour au début

Michel Maire dit

voici les références bibliographiques:

1. Frans de Waal (1987) "La politique du Cimpanzé", Paris, Edition du Rocher.

2. Concernant la polygynandire chez l'Accenteur mouchet:
N.B. Davies (1992) "Dunnock Behaviour and Social Evolution", Oxford Series in Ecology and Evolution. Oxford University Press.

3. Concernant le Bonobo, mais en éthologie comparée avec d'autres Primates et l'Homme:
Frans de Waal (1992) "De la réconciliation chez les Primates", Flammarion.

Lundi 24 Septembre 2007, 21:15 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin dit

Merci pour ces précieuses précisions. Voilà des lectures en perspective et de quoi alimenter les longues soirées d'hiver au coin du feu. Je transmettrai un rapport à un certain docteur de mes amis, qui travaille obscurément dans son coin sur ce sujet mais qui ne s'est pas encore mis à l'internet !

Lundi 24 Septembre 2007, 21:20 GMT+2 | Retour au début