Jeux d'eau et de patience à la Villa d'Este.
Difficile d’échapper à un tel destin dans ce pan d’Italie qui ressemble à un miracle. Surtout avec cette lumière automnale extraordinaire, chaude, médulleuse, qui ne nous a pas quittés depuis plusieurs semaines.
Que vient-on chercher dans si bel endroit ? On peut y emmener la femme de sa vie (ou de ses autres vies), se prélasser au soleil en regardant filer des bateaux de cartes postales, méditer longuement quelques vers de Mallarmé, fumer un D4 de Partagas au moment où le soir descend et, de l’intérieur, vous parviennent les arpèges d’une passacaille de Haendel. On peut se promener dans les superbes jardins Renaissance dont la thématique et la disposition vient ironiquement nous rappeler que nos existences ressemblent parfois à des labyrinthes dans lesquels il nous arrive de nous perdre, prisonniers de l’illusion de savoir où nous allons.


1) Les vins blancs d’Italie.
La dégustation portait sur 32 vins d’Italie en provenance de la Basilicate, Lombardie, Sicile, Toscane, Ligurie, Ombrie, Piémont, Vénétie, Abruzzes, Frioul, Emilie-Romagne, Val d’Aoste, Sardaigne, etc.
Peu de révélations et quelques dissensions. Entre tradition plus ou moins éclairée et vins techniques, entre cépages classiques (Fiano ou Verdicchio par exemple) et les grands cépages internationaux comme le chardonnay ou le sauvignon, l’Italie des vins blancs donne l’impression de se chercher un peu. Les résultats seront bientôt en ligne sur le site du GJE.
2) Cabernets-merlots 2001 du monde
Une double session originale et parfois troublante dans ses résultats : je rappelle ici que, selon les principes qui ont fait la réputation du GJE, les vins sont dégustés à l’aveugle. La session du matin portait sur les cabernets-merlots à moins de 100 euros la bouteille et celle de l’après-midi sur ceux à plus de 100 euros la bouteille.
Je vous renvoie également à la publication prochaine des résultats mais vous donne toutefois quelques-uns de mes coups de cœur et de mes déceptions :
Session du matin :
Mon coup de cœur : Château Haut-Carles 2001
Ma déception : Château La Mission Haut-Brion 2001 (vin pirate car à plus de 100 euros la bouteille, ce Mission était méconnaissable. Sans doute un problème de bouteille. Compte tenu de ce problème, ce vin reviendra dans la session de l’après-midi).
Session de l’après-midi :
Mes coups de cœur : Château Pape Clément et château Pavie (pour les Bordeaux). Harlan Estate en vin étranger.
A signaler que la Mission Haut-Brion, sans être transcendante, s’est nettement mieux goûtée l’après-midi.
Les déceptions (car ce ne sont ici uniquement les miennes) : Latour et Pétrus… Aveugle ou pas, ces bouteilles n’étaient à la hauteur ni de la réputation des crus en question, ni de leur prix. Manque de netteté aromatique dans Latour et structure fluide, aucune complexité dans Pétrus avec un côté très végétal...
3) Les syrah 2001 du monde entier
Une dégustation très intéressante avec de grosses surprises ! Beaucoup de déceptions parmi les syrah issues de leur berceau historique (Ampuis et Tain l’Hermitage) et l’extraordinaire réussite des syrah suisses dans un millésime qui, pourtant, ne les favorise pas davantage que les syrah rhodaniennes. Attendons les résultats définitifs mais les syrah suisses pourraient bien avoir trusté les premières places, en compagnie de la syrah de Sine Qua Non en Californie ! Elles ont en tout cas damé le pion à des stars confirmées telles que Guigal (La Turque et château d’Ampuis), Jamet, Gérin, Cuilleron, La Chapelle, etc.
Etaient présentes les syrah des producteurs suisses suivants :
Simon Maye (splendide !) - Denis Mercier – Didier Joris – Claudy Clavien – Benoît Dorsaz – Grognuz frères.
Demain je vous parle de la table ronde que nous avons tenue samedi après-midi concernant le rôle et l’évolution de la critique de vins...
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serge dit | et ça voudra dire quoi ces résultats : que DUCHMOLL cette année à fait mieux que TRUCMUCH qui fera mieux que TARTEMPION l'année prochaine et ainsi de suite jusqu'à la nuit des temps mais aura permis une belle séance d'onanisme oenologique, j'attends l'avis du gars Vincent, l'ami du "témoin de la créosote" |
mauss dit | A Monsieur Serge : |
serge dit | Reçu 5 sur 5 grand maître, d'alleurs je relisais votre article sur "la notation d'un vin" du 5/10/2007 qui est au vin ce que le discours de Dakar est à l'Afrique. |
Jacques Perrin dit | Face aux grands problèmes du monde et, dans une moindre mesure, face à ceux qui semblent agiter le dénommé Serge, cela n'a effectivement aucune espèce d'importance... Cela dit, les Denis Mercier, Axel Maye, Benoît Dorsaz, Didier Joris ou les frères Grognuz, vignerons idéalistes qui, année après année, s'évertuent à produire de grands vins, qui savent ce que les mots "travail" et "passion" veulent dire, trouvent à travers une telle dégustation une reconnaissance méritée. De même si un Haut-Carles ou un Haut-Condissas confirment, à l'aveugle, leur grand potentiel, cela ne dérangera que les esprits chagrins et les fats qui aboient dans l'ombre. Quant au dénommé Serge, il a le choix, si ça le titille autant que ça, entre la relecture (?) des œuvres complètes de Amiel ou de Freud. C'est à lui de voir... |
crirau dit | Monsieur Perrin, auriez-vous l'amabilité de nous fournir votre classement concernant les syrah ? |
Jacques Perrin dit | Résultat officiel des syrah : 34 vins sur 39 dégustés : |
Thomas Bally dit | J'étais très étonné par le résultat de cette dégustation qui a confirmée ma prédilection pour les syrahs du Valais (j'achète régulièrement quelques bouteilles de la Syrah d'Axel Maye et celle de Benoît Dorsaz, et j'essaye depuis quelques années d'obtenir plus qu'une bouteille à la fois de la Syrah de Denis et Catherine Mercier que, personnellement , je trouve la plus spectaculaire des Syrah du Valais). |
Jacques Perrin dit | Vous avez raison, Thomas Bally, manquaient quelques syrah d'envergure. A commencer par celle de Jean-Louis Chave, un Hermitage de Tardieu-Laurent n'aurait pas fait mauvaise figure non plus dans le paysage. En ce qui concerne Marlène Soria, elle n'a pas produit de vin en 2001 et il était donc impossible de l'intégrer dans la dégustation. Cela dit, son vin est tellement hors normes, idiosyncrasique, venu d'une autre planète en quelque sorte, que je doute qu'il eût pu prétendre aux places d'honneur... |
laurentg dit | Bonjour et merci pour ce tableau ... |
laurentg dit | Une syrah italienne intéressante : |
Jacques Perrin dit | D'accord avec vos commentaires des trois premiers vins ! |
laurentg dit | Jacques, |
Jacques Perrin dit | Shirvington 2001 était dans la dégustation. Dans la série des blockbuster, riches, suaves, presque médulleux, c'était un des meilleurs vins juste après Midnight Oil ! |
laurentg dit | de belles pistes : |
laurentprobst dit | Bonjour, |
Cico dit | Et le "Dead Arm Shiraz" de d'Arenberg à McLaren Vale qu'en pensez vous ? |
Laurentg dit | Dead Arm 2001 a déçu sur ce flacon précis : |
Cico dit | Je suis intéressé par le résultat de cette dégustation préparée par Pascal Perez. L'Astralis de Clarendon HIlls en faisait aussi partie?(classé dernier à villa d'este??) Les syrahs australiens sont peut-être trop généreux en sucres résiduels pour les palais non anglo-saxons? A mon humble avis la "terra rossa" de Coonawarra permet non seulement au "cab-sauv" mais aussi a la syrah -"shiraz" de développer une magnifique expressivité meme sur des vins au bon rapport qualité-prix comme ceux de Wynns ou Majella. |
Laurentg dit | Cico, |
Laurentg dit | Une confirmation (malheureusemnt) : |
Alfredo dit | Et pourtant ce Dead Arm 2001 est Extraordinary (96-100). Me vient donc à l'esprit la question suivante : Ne devrait-il pas y avoir une cohérence plus au moins forte au niveau des notes de dégustation d'un même vin parmi les cadors du métier ? Pour moi, la notion d'élégance est universelle et devrait permettre de rejoindre les grands nez et palais. Or si un consensus semble atteint sur la cotation des vins rouges de Bordeaux, celui-ci est plus disparate dès que l'on s'aventure sur le terrain miné des syrahs du monde ou des pinots noirs. J'ai entendu à maintes reprises des critiques européens se plaindre du niveau d'alcool élevé ou des textures confiturées des shiraz australiennes. Des remarques similaires sont régulièrement invoquées à propos des pinots noirs valaisans qui, par déséquilibre des maturités phénoliques et physiologiques, produirait une vendange cuite au goût de pruneaux. |




























