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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Le Baechaoffa revisité.

Mercredi 16 Janvier 2008, 19:31 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 1985 fois
Il vaut la peine de s’arrêter sur cette délicieuse recette de saison revisitée et interprétée par l’une de mes amies s’inspirant du fameux Baechaoffa de l’Auberge de l’Ill.
Originaire d’Alsace, A. est une cuisinière émérite, passionnée, jamais stressée, qui connaît ses classiques par cœur. Fée à la main verte – elle cultive fruits incroyables et légumes anciens – elle sait faire de cette figuration abstraite qu’est le bonheur un moment de partage pour ses proches et ses amis.
Si j’avais les clés d’un restaurant situé dans un lieu sauvage, tellurique, juste en face d’une crique azuréenne, poissonneuse, avec de splendides produits alentours, je les lui confierais !
Hélas, je n’ai pas ce pouvoir et me contente de vous livrer la recette qui illuminera peut-être un week-end où débarquera l’imposante et tumultueuse zmâla
 
Le Baechaoffa avec un Frédéric-Emile 2001 de chez Trimbach, sentiment de complétude. 
Votre marché pour 8 personnes
Deux pieds de veau cuits et désossés
300 g de carré d’agneau (tranché en côtes individuelles)
400 g de pommes de terre
300 g de poireaux
200 g oignons
3.5 dl de fond de veau ou de jus clair de veau (obtenu à partir de la cuisson d’un flanchet de veau).
3.5 dl d’un bon Riesling  : le Frédéric-Emile 2001 de la photo est presque trop bon mais, comme le disait un ami, qui déglaçait ses andouillettes avec un fond de La Tâche 1980 : "en cuisine, il faut ce qu’il faut... Jamais de produit médiocre ! "
300 g de mignon de veau
300 g de confit de canard
300 g de truffes fraîches
 
Temps de préparation 40 minutes
Temps de cuisson  1.30 à 160 degrés (th. 6)
Difficulté  2/5
 
Méthode
–   Préchauffez votre four à 160 degrés. Traditionnellement, ce plat alsacien était réservé au jour de la lessive. Les plats étaient enfournés après la cuisson des pains, chez le boulanger («baeckoffe» signifie four du boulanger en alsacien), et mijotaient en douceur durant des heures infinies pendant que, vous en souvenez-vous, vous trimiez au lavoir, dans le petit vent coulis et les gerçures, et potiniez sur la vie ici-bas et échangiez des recettes de Buewespatzele ?  
–    Pelez, lavez et émincez les pommes de terre que vous garderez dans l’eau froide
-    Emincez les oignons
-    Lavez et émincez les poireaux
 
La merveille juste avant d'être lutée.
 
 
Dans une grande cocotte, disposez les différents ingrédients par couches successives : oignons, pommes de terre, truffes, poireaux, agneau, oignons, pommes de terre, truffes, poireaux, confit ; oignons, pomme de terre, truffes, poireaux, veau. Salez et poivrez chaque strate. Terminez par les légumes. Mouillez avec le fond de veau et le riesling. Luter votre couvercle avec une pâte à pain (farine et eau).

Enfournez et vive la vie !  
Vous avez 1h30 devant vous, le rêve ! Cela vous permettra de déguster tranquillement le riesling (tout de même !), ainsi que le vin qui accompagnera ce plat, un Gigondas cuvée Florence 2001 du domaine Les Goubert qui repose au frais, décanté en carafe, depuis deux heures déjà.  
Vous pouvez également jouer à fond la carte alsacienne avec un Pinot noir de Deiss. 
Ou encore un Cahors Cuvée Particulière 2004 de Lamartine pour ses accointances avec la truffe et le confit !
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mauss dit

L'illustre François Wilhelm, l'âme commerciale de la Maison Trimbach, et Membre honorable du GJE, nous a régalé d'un Baekehofe pour la fin 2007 avec Laurent Vialette et nos épouses respectives.
Monsieur Jean Trimbach était là, et le festival des crus maisons (on est descendu jusqu'à l'illustrissime 1967) a été un total éblouissement confirmant - si besoin est - que le riesling est, de très loin, le plus fascinant cépage blanc que porte cette planète.

La recette ci-dessus est parfaite, mais, il me semble me souvenir que Franzele avait ajouté dans la sienne quelques zestes de citron et/ou d'orange : encore une question de puristes !

Vendredi 18 Janvier 2008, 10:51 GMT+2 | Retour au début

Dodin Bouffant dit

Ah les bienheureux ! Et invités avec leurs dames de surcroît ! Zeste d'agrumes en prime mais était-ce viande ou volaille ? Plutôt volaille avec le riesling, non ?

Samedi 19 Janvier 2008, 18:16 GMT+2 | Retour au début