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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Krach boursier : où sont les gourous ?

Mardi 22 Janvier 2008, 22:56 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 12017 fois
Silencieux, très silencieux ces jours-ci, Jacques Attali, sur la question qui brûle toutes les lèvres : assiste-t-on à un krach programmé de l’économie mondiale ? Rien sur son blog. Rien depuis depuis ses déclarations des 19 et 21 décembre où l’ex-sherpa  mitterrandien, à deux jours d’intervalle, évoquait la possibilité d’une crise comme en 1929 "si les banquiers continuent à paniquer" et terminait par cette prédiction : les crises bancaires ne font que commencer.
Alors qui faut-il croire, le visionnaire ou l’économiste ?  Etant entendu qu’ "un économiste est une personne capable d'expliquer rationnellement le lendemain ce qu'elle avait été incapable de prévoir la veille." Dont acte !
Ironie de l’histoire, la phrase est de Jacques Attali…

Lundi 21 janvier les Bourses asiatiques et européennes ont dévissé en chœur. Chute d’une ampleur inconnue depuis le 11 septembre 2001.
Aujourd’hui, mardi 22 janvier, la Réserve fédérale américaine, la Fed, a baissé son taux directeur à 3.5 % (la plus forte baisse depuis une quinzaine d’années). Sans effet escompté sur Wall Street qui continue sa baisse.

Toujours les fameuses subprimes ! Ces crédits hypothécaires accordés à des millions d’Américains incapables de les rembourser, revendus dans des pochettes-surprises par ceux qui les ont émis, splittés, camouflés, packagés et vendus à d’autres, des stratèges de la finance, encore plus madrés, qui les ont les ont fourgués à d’autres (y compris, souvent, à ceux-là même qui croyaient s’en débarrasser) plus loin sous un nouvel emballage…. On appelle cela mutualiser le risque.
 

Une spirale hallucinante
Dans une récente interview donnée à Libération, Dean Baker du Center for Economic and Policy Research, évalue à 2200 milliards de dollars la perte partielle due à l’effondrement du marché immobilier. On peut y ajouter une autre bombe à retardement, celle des credit cards pre-approved offertes «gratuitement » à des centaines de millions d’Américains. Le résultat est aujourd’hui un encours monstrueux sans doute encore supérieur à celui des subprimes, soit environ 2500 milliards de dollars.

Des produits destructurés

En ligne de mire se trouvent les Collateralized Debt Obligation (CDO). Ces produits obligataires structurés ont dopé artificiellement le marché américain de l’immobilier et de toute forme de crédit, attirant dans leur nasse pigeons et investisseurs de tous horizons, banques, fonds d’investissement, caisses de pension, etc. Structurés, vraiment ? S’il est un adjectif dont il faudra à l’avenir se méfier, c’est celui de collatéral. Lors de la première guerre du Golfe, les stratèges du Pentagone nous servaient déjà ce brouet !

Où sont les responsables ?

A l’heure des comptes, on cherchera en vain des responsables. Beaucoup ont depuis longtemps pourtant tiré la sonnette d’alarme. Un des amis, économiste, professeur d’université, pas du tout marqué politiquement à gauche, s’étonnait déjà il y a une dizaine d’années des aberrations d’un système où les « richesses » produites par la spéculation boursière supplantent allègrement celles produites par la valeur «travail», où les Etats-Unis financent leur déficit en vivant à crédit sur le reste du monde. Actuellement, pour éviter la faillite, le système américain est contraint d’emprunter deux milliards de dollars par jour…
Toujours selon Dean Baker, si, au milieu de la cohorte des spéculateurs et des grands pestidigitateurs, il existe un responsable en chef, c’est bien "Alan Greenspan, l’ex-boss de la Fed. Il a ignoré les lois de régulation du marché du crédit, qui aurait pu limiter les abus. Aujourd’hui, il réécrit l’histoire en tentant de s’exonérer. Il dit qu’il ignorait le scandale des subprimes ou qu’il n’a pas été prévenu. C’est faux." (Interview à Libération).
 
Hegel : l'oiseau de Minerve ne prend son envol que la nuit venue... 
 
Le pire est-il pour demain ? 
Alors, a-t-on vraiment touché le fond et quelles vont être les conséquences du scénario cauchemardesque que l’économie mondiale connaît ? Bien malin qui pourra le dire !  Les gourous et les grands stratèges ne se pressent pas au portillon.
Peur de passer pour de mauvais prophètes ou des oiseaux de mauvais augure ? Le château de cartes est-il prêt de s’écrouler ? Qui veut encore jouer aux dominos ?
Certains, tel Marc Fiorentino d’Euroland Finance, vont plus loin: après le dégonflement de la bulle immobilière aux Etats-Unis liées au subprime, il prédit l’implosion de la bulle chinoise
«Le problème, c’est qu’on continue à faire croire aux gens que la Chine est un Eldorado, on les fait investir dans des usines qui tournent à vide et on construit de plus en plus d’usines pour attirer de l’argent et continuer à prendre des commissions ». (…) La Chine est pour moi la plus grosse mascarade de ces quatre dernières années. Le plus grand danger est l’explosion de la bulle chinoise. On s’en approche puisque la première digue, celle de l’immobilier qui tenait l’économie américaine à bout de bras vient de tomber.»

L’oiseau de Minerve.

Entre prédictions et supputations, entre délires interprétatifs (sur la fin de ceci ; la fin de cela) et cynisme arrogant, entre vision et économie, entre ignorance et mondialisation, la tentation est grande parfois de s’en remettre aux ailes de la chouette, oiseau de mauvais augure pour certains, oiseau de Minerve pour d’autres. Comme s’il était impossible de choisir entre l’incertitude du futur et la sagesse souveraine. «La chouette de Minerve ne prend son envol que la nuit» (Hegel).
Oui, mais de quelle nuit s’agit-il ?
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Cet article a été commenté 8 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Ticho dit

Et si tout cela était orchestré pour faire payer au Monde entier la guerre en Irak et en Afghanistan?

Mercredi 23 Janvier 2008, 08:59 GMT+2 | Retour au début

bernard dit

Si tout cela était orchestré, ne serait-ce pas accorder un crédit énorme, disproportionné, à l'intelligence des stratèges américans ? Ceux qui vont tirer parti de cette crise, ce sont les "fonds souverains" tapis dans l'ombre qui ont su attendre leur heure. Ils sont déjà en train de s'immiscer dans la vénérable UBS...

Mercredi 23 Janvier 2008, 21:25 GMT+2 | Retour au début

Heeter dit
Heeter dit

Enigme
'On a toujours a defendre les forts contre les faibles'
Empedocle

www.youtube.com/watch?v=5...

Samedi 29 Novembre 2008, 23:03 GMT+2 | Retour au début

Le gourou discrédité
L'ex-patron de la Réserve fédérale (Alan Greenspan), la star de la finance mondiale, n'a plus rien à dire :
www.slate.fr/story/6367/l...

Un appel à la prudence vis-à-vis des spécialistes de la spécialité ... :-)

Jeudi 11 Juin 2009, 11:08 GMT+2 | Retour au début

Le gourou discrédité
L'ex-patron de la Réserve fédérale, la star de la finance mondiale, n'a plus rien à dire :
www.slate.fr/story/6367/l...

Un appel à la prudence vis-à-vis des spécialistes de la spécialité ... :-)

Jeudi 11 Juin 2009, 11:09 GMT+2 | Retour au début

Alfredo dit