Dernier jour à Tokyo : anatomie d'un président.
Il n’aime pas compter.
Il aime avoir une bande de zozos autour de lui, jouer le grand chef scout et organiser la manœuvre : quand il monte à bord d’un yacht, c’est pour – capitaine autoproclamé – y promener ses aises et en prendre le contrôle. Toute ressemblance avec un personnage imaginaire se trouvant à la tête d’une république lointaine serait évidemment fortuite. Tel est son côté marquis de Carabas.
Il a des colères sacrées et des tristesse cachées.
Des absences, aussi parfois, qui passent dans son regard. Comme de discrets nuages au-dessus d’un lac de montagne.
Dans un autre temps, il aurait pu enflammer des foules ou finir au couvent.
Il ne fait pas la différence entre le zwinglisme et le bouddhisme mais on le lui pardonne volontiers. Il adore la montagne. Les seuls êtres devant lesquels il s’inclinerait volontiers s’appellent René Desmaison ou Christophe Profit : Chamonix, qui lui rappelle les exploits de sa jeunesse quand il ralliait le refuge d’Argentières avec un bahut sur le dos.
Ses passions sont soudaine, aussi promptes que ses fureurs, ses éclats.
Quand il n’aime plus, il quitte.
Il est toujours prêt à s’embarquer sur les projets les plus fous. Et il les réalise. On trouve chez lui cette vertu, rare, celle des gens qui ne mégotent jamais. Ni le temps de vivre ni celui de faire sa trace.

Il est toujours en mouvement. Entre deux lieux. Le monde est comme un vaste terrain de jeux pour lui. Il bouffe du bitume avec le même appétit qu’il dévore son risotto à la truffe blanche.
Il aime le funambulisme, être pris dans un devenir léger, marcher sur le fil, ce frisson de l’aventure et du risque sans lequel nous ressemblerions à des cachalots échoués sur le rivage.
Il prend de la place, adore provoquer en claquant de la glotte dans les endroits chicos. Il arbore des chaussette vermillons dignes d’un nonce apostolique.
Il ressemble à un héros pasolinien qui, débarque dans les familles et bouleverse la vie de certaines personnes, les projette au-devant d’elles-mêmes. Sous son influence, j’en connais qui se sont mis à aimer le vin, la belle vie, et se saper en Kenzo pour les belles soirées du GJE.
Il a définitivement rangé au placard des billevesées toutes les vanités, calculs, petites turpitudes qui empêchent la liberté de s’exercer.
C’est pour ça qu’on l’aime, le président…
PS. J’ajoute ici le très bel éloge de François Mauss fait par Jean-François Chaigneau, rédacteur en chef adjoint de Paris-Match, lors de notre dernière soirée à Tokyo (je cite de mémoire): » François, je me permets de renouveler un petit proverbe « pierre qui roule n’amasse pas mauss ». Nous les journalistes, nous sommes des témoins ; nous rencontrons toutes sortes de gens, des puissants, des parvenus, des rigolos, des imposteurs. Puis on rentre à la maison et on les abandonne..
J’ai été très longtemps occupé à abandonner l’amitié. On ne joue pas à l’amitié avec le président.
François, grâce à toi, j’ai eu l’impression, ici à Tokyo, de suivre un chemin semé d’étoiles. »
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Michel Grisard dit | Dans ce ciel nippon , sur cette voie lactée, dans cette myriade d'étoiles, combien en avez vous visitées? |
Michel Grisard dit | Une petite devinette: |
mauss dit | Sacré Grand Jacques : le zwingliste a encore frappé ! |
Jacques Perrin dit | Cher Michel, pour répondre à ta question avec précision, je crois que nous en avons visité vingt au total. Une véritable gageure tant il est difficile parfois d'obtenir un "strapontin" dans ces maisons... On revient sur terre doucement, illuminés de tant de beaux souvenirs. En tête desquels, à titre personnel, je placerais la double visite chez Kojyu. |
Alain C. dit | On dirait qu'elle a les yeux embués la petite Japonaise : est-ce le charme du Mauss qui opère encore ? |
Patrick Grisard dit | Un Grisard en cache un autre et je n'ai pas le plaisir de le connaître encore. |
Jacques dit | Patrick, avec Michel Grisard, valeureux viticulteur de Frèterive, vous devriez vous connaître, qui sait, échanger vos vins ! |
Little moose dit | Que fait-il ce monsieur Mauss dans la vie ? |
mauss dit | Il bosse, Little moose, il bosse. |
Christian ROGER dit | Cher Jacques, bravo pour ce portrait très précis de notre bon président auquel on ne peut pas ajouter grand chose tant il est complet. Je soulignerai seulement une qualité particulièrement importante, à savoir sa bonne humeur, en tous lieux et à toute heure, sauf peut-etre le soir à 23 heures à la sortie d'un restaurant chinois de Tokyo ! Et puis il a ce don rare de ne s'entourer que de gens sympathiques et de créer un climat de vraie amitié entre tous : je suis allé à l'Artvinum de Stuttgart et j'ai retrouvé la meme atmosphère un peu magique que nous avons eue à Tokyo; ça c'est formidable. Merci Président. |




























