Syrah du Valais, the show must go on !
Après le succès mérité des syrah suisses du millésime à la dégustation de la Villa d’Este, je me réjouissais de pouvoir refaire le point sur la production valaisanne dans des millésimes plus récents : je n’ai pas été déçu ! La majorité de ces vins expriment un style certain, dépassent le variétal, si facile et si vite ennuyeux et, si l’occasion était donnée à ces vins d’exister sur le marché international, nul doute que cette présence contribuerait à la notoriété des vins suisses à l'étranger.

Beaucoup de pureté dans l’expression. Notes épicées très élégantes. Fruits noirs. L’attaque est douce, empreinte boisée assez marquée qui lui donne un côté suave. Grande maturité du fruit, Evolution sur un corps à la trame assez ferme. C’est un vin ambitieux mais il finit malheureusement un peu lourd, un peu alcooleux.
Crozes-Hermitage, Clos des Grives 2006, domaine Combier (vin pirate)
Complètement exotique dans son expression aromatique : boisé, suie, notes brûlées, cacao. Attaque ample suave, boisée, trame très lisse. C’est un vin assez flatteur, d’une très agréable dimension tactile, qui procure déjà beaucoup de plaisir.
Syrah 2006, Cave du Verseau, Miège
Il est sur la mûre, le cassis, des notes poivrées. Belle fraîcheur d’expression. Le corps est tonique, solidement tramée avec une finale soutenue même si un peu linéaire. La tannicité est appuyée. Sans doute est-on allé chercher l’extraction un peu loin. Il a un côté très « syrah de montagne ».
Syrah Martigny 2005, Les Serpentine, Gérald Besse, Martigny
Syrah 2005 Barriques Christophe Abbet, Martigny
Le nez est sur des notes beurrées, lactiques, épices. Bouche à l’attaque ample. Le boisé manque un tout petit peu de fondu mais c’est une belle matière, généreuse, avec du volume au développement. Un peu d’évolution dans le fruit. Tannin au « grain » légèrement collant.

Grain Syrah 2006 Marie-Thérèse Chappaz
Belle robe pourpre. On a vraiment quitté le variétal : liqueur de framboise, cassis, pain grillé, figue fraiche, pivoine. Très belle entrée en bouche, dense, serrée, trame remarquable, c’est assez austère, le tannin granule un peu, pourrait gagner en finesse, aurait mérité un élevage plus long mais quel coffre, énorme !
Syrah Antica 2006, Cave Cornulus, Dany Reynard et Stéphane Varone, Savièse
Comparé au vin de Chappaz, il est dans un style plus évolué et au niveau de la couleur et au niveau aromatique, café, notes de grillé, jus de mûre. Mais la complexité est là et, en bouche, quelle belle texture, opulente mais sans lourdeur. Il se développe lentement, suave, caressant et minéral à la fois.

Cayas 2005, J.R. Germanier et Gilles Besse, Vétroz
Belle robe sombre. Nez très crémeux, notes mentholées, florales. Attaque très souple, un peu léger au niveau de la densité et le bois le couvre un peu présentement mais il a du style.
C’est une des révélations de cette dégustation. Pierre Robyr posède deux vignes de syrah, très bien situées, l’une à Corin et l’autre au cœur des Bernunes. Cette cuvée est réalisée avec le concours amical de Patrick Regamey, électron libre et vibrionnant du vignoble valaisan depuis qu’il opère également dans la Noble Contrée.
Grande pureté d’expression, boisé spectaculaire, baies des bois, parfaitement intégré. Très belle qualité d’expression, c’est pulpeux, raffiné mais pas très long. Très frais, ciselé.
Encre de la Terre 2005, Claudy Clavien, Miège
Le nez est très juteux, sur le fruit et le boisé. Attaque vanillée, très suave, souple, un peu marquée par le bois. Il a un peu perdu de fraîcheur dans l’expression mais c’est un beau vin quand même, dense, qui campe pour l’instant sur une tannicité étonnamment ferme.
Côte Rôtie 2005 Jamet (vin pirate)
Robe grenat intermédiaire. Le nez n’apparaît pas à son avantage dans la série. Notes d’évolution, profil aromatique un peu brouillon sur des notes d’olive, de fruits noirs. La bouche est souple, ronde et se referme pour l’instant sur une tannicité un peu stricte. Attendre.
Syrah 2005 Simon Maye et fils, Chamoson

Syrah Quintessence 2003 B. Dorsaz, Fully
Un tout petit peu d’évolution dans la robe. Le nez est sur le foin coupé, les herbes sèches, les petits fruits. Il paraît à ce stade un peu marqué par le millésime et ne vibre pas autant qu’attendu.
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Christophe dit | Et Didier Joris ? |
Jacques Perrin dit | Cher Christophe : il y a toujours une absence quelque part ; celle de Joris nous a vraiment manqué. Un oubli... |
Jean-Charles dit | C'est vraiment des kings ces Maye ! Des vins impeccables, sur la précision, la transparence. Leur syrah a définitivement la grande stature. Bravo ! |
Bendicht dit | Cher Jacques |
Valais_006 dit | la photo date de l'an passé, mais depuis le quasi silence sur la visite de Michel Bettane in situ, la presse s'est bien rattrapée sur le sujet de la syrah valaisanne. |
Jacques Perrin dit | Laurent : Michel Bettane écrira un jour – j'en suis certain – des choses capitales sur sa visite dans le Valais. Vous avez raison : on aurait pu également mettre "en lice" les syrah que vous citez, tout à fait intéressantes. Bendicht : désolé de ne pouvoir te répondre en allemand. Effectivement, ça se compte sur les doigts d'une main, le niveau international mais qu'importe, la voie est ouverte : de tels exemples créent de l'émulation, une saine compétition pour faire toujours mieux. Demain, une vraie idée de terroir jaillira à l'horizon. |
milleretjean luc dit | Un petit Savoyard , tombé sous le charme de ces magnifiques Syrah du Valais : la 2001 de Didier Joris , dégustée la semaine dernière nous donne un apperçu des possibilités de ces magnifiques cuvées . Malheureusement , plus une seule bouteille de 2005 de S Maye en cave ( je suis passé trop tard pour la cuvée V Vignes ....comme je pense être un bon client du Cave S A , je vais demander une réservation à chaque millésime !!! . |
Valais_006 dit | J'ai oublié Marie-Bernard Gillioz-Praz à Grimisuat !!! |
Jacques Perrin dit | Bendicht : Du hast recht, aber ich denke nicht, dass der Pinot Noir ebenso gute |
Alfredo dit | Le futur du pinot noir en Valais passerait-il par la rive gauche ? Il semblerait que ce soit l'avis de certains producteurs comme R. Taramarcaz du domaine des Muses qui ont misé sur cette option. |
Jacques Perrin dit | Peut-être... Rive gauche ou plantation plus en altitude. On gagne en tout cas en fraîcheur et en finesse. Effectivement plusieurs producteurs travaillent dans ce sens. |
Christophe dit | Je suis tombé sous le charme du Noirien à Monsieur Didier Joris. Son pinot noir provient de la rive gauche et représente à mon goût une très belle définition de ce noble cépage, même dans un millésime caniculaire comme 2003... |
Jacques Perrin dit | Effectivement, il est excellent ce noirien (en plus : le nom fait référence à une histoire que l'on aime). Didier Joris pose avec ce vin de sérieux jalons dans l'optique des grands pinots noirs valaisans. |
Dany Reynard dit | A Propos de la cave Cornulus, vous marquez: |
Jacques Perrin répond | Merci Dany, vous l'avez corrigé... Cela dit, j'apprends ainsi que le "vrai" Dany Reynard existe, vous ! |
Zuber dit | J'ai découvert cette cave lors de mon dernier séjour en Valais. Les vins de Pierre sont magnifiques. En particulier le Pinot Noir, de belle typicité. |



























