La Bourgogne sort de ses murs.
A force de ne fréquenter que les (presque) classiques, les Ma Cuisine, Tontons, Régalades, Jardins des Rempart, Benaton and co, on pensait avoir fait le tour du propriétaire, sombrer dans une douce apathie.
Mais voilà, la Bourgogne est sortie de ses clos et murets pour venir, ici, à Beaune, s’encanailler un zeste, savourer des choses légères, exotiques, décoiffantes.
D’autant que la cargaison de touristes venus ici en pèlerinage, sur les traces de son Graal intérieur, n’est pas négligeable. Dont pas mal de Japonais à voir la percée de l’honnête Suhsi-Kai et l’arrivée plus récente du Bissoh dont le nom seul, en japonais, est une véritable déclaration d’intention : "A ceux qui durement travaillent et à ceux qui les soutiennent..."
A en juger par sa carte des vins, le chef, un Japonais de Yokohama, Sawahata Mikihiko aime visiblement les vins.
Après mon périple tokyoïte d’avril dernier, j’ai préféré différer ma visite au Bissoh, laisser filer un peu de temps.

Une rue tranquille au centre du vieux Beaune avec ses maisons à colombages, ses pavés, jamais descellés depuis 68, une salle tout en longueur, une cuisine ouverte, une armada d’Enomatic, du design, du contemporain, du griffé, de l’inox plein pot, deux cuisiniers, d’anthracite vêtus, et, au milieu du restaurant, un piano à ciel ouvert, rassurant, façon Lacanche.

Prenez place directement au bar et observez l’orchestre qui interprète au pied de la lettre les concepts zuddasiens, une cuisine trendy, plutôt sobre, même dans ses envolées lyriques, raisonnablement délurée, articulée sur un ou deux contrastes, pas davantage, monomaniaque dans ses cuissons (à la plancha et basta cosi !)
Moléculaire ? Un soupçon de siphon à l’occasion, juste ce qu’il faut, tel ce plat Comme une ravigotte de tête de veau, sa purée de pomme de terre espoomée. En plus, c'est vraiment très bon. Alors pourquoi pas ?

Façons de manger, façon de filmer.
Rien de tel, si c’est bon, que deux repas pour dresser un état des lieux assez précis. Je ne suis pas du genre de ce critique célèbre, dont j’apprécie beaucoup le style, dont je devine pourtant qu’il chipote gentiment ses assiettes, lutine vaguement un ou deux plats, histoire de filmer à ras le bonbon les ectoplasmes visibles d’un art souterrain jadis appelé « gastronomie »…


La carte change régulièrement. Chaque semaine, on peut donc déguster 8 plats différents sur le menu voyage.
Salade de légumes du moment crus et cuits
Graines torréfiées et Herbes
Asperges tièdes, champignons, kumquats et réglisse
Vraie soupe de poissons
Rouget-barbet (de l’Atlantique nord) cuit à l’arête
Magret de canard frotté aux épices du Maghreb, pois-chiches, couscous et raisin, légumes en marmelade, jus épicé.
Panna cotta à l’eau de rose, framboise, infusion d’hibiscus
Quelques ouvertures sur les vins de la vieille Europe (Allemagne, Italie, Espagne). On peut se tenter sa chance avec de nombreuses propositions de vins au verre.
Le service efficace mais un peut distant. Cela dit, le patron donne l’impression de n'être pas entré totalement dans son (nouveau ?) métier, de s'ennuyer vaguement en salle...
Via Mõkis
1, rue Eugène Spüler 21200 Beaune - France - Bourgogne - Tél. +33 (0)3 80 26 80 80
Les prix compter entre 30 et 50 euros par personne selon le menu choisis.
Le Via Mõkis, c’est aussi un hôtel contemporain au cœur de Beaune, belles chambres, spacieuses, au goût chic et ajouré, le genre d’écrin où séjourner en tout quiétude même si les tarifs sont un brin chérots.
D’autres adresses à Beaune
50, Rue Faubourg St Nicolas
F-21200 Beaune
+33 3 80 24 02 87
Bissoh (restaurant japonais)
21200 Beaune (voir le plan)
Tel / fax : 03 80 24 99 50
Email : bis@bissoh.com
Pour en savoir plus
Cet article a été commenté 3 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Armand dit | J'ai du rater quelque chose...Elle est où la video? |
Yves dit | "Rien de tel, si c’est bon, que deux repas pour dresser un état des lieux assez précis. Je ne suis pas du genre de ce critique célèbre, dont j’apprécie beaucoup le style, dont je devine pourtant qu’il chipote gentiment ses assiettes, lutine vaguement un ou deux plats, histoire de filmer à ras le bonbon les ectoplasmes visibles d’un art souterrain jadis appelé « gastronomie »… |
Jacques perrin dit | Beaucoup plus que dix ans, Yves, toute une vie, peut-être... Mais vous savez que j'adore Jim Harrison ! |




























