L'instant Salon...
J’ai déjà relaté ici ce sentiment de complétude que j’éprouve chaque fois que le privilège m’est accordé de déguster un « S » de Salon, un champagne certes atypique (monocru, monocépage, millésimé), qui illustre le caractère visionnaire et l’intransigeance de son créateur, Eugène-Aimé Salon.
On connaît l’importance du storytelling dans l’art de capter l’attention, de susciter l’adhésion, de réenchanter même le monde. L’histoire que nous raconte le champagne Salon appartient à cette catégorie des mythes fondateurs. La voici...
A douze ans, il arrive à Paris, sans illusions, mais pragmatique : ses seuls rêves sont certainement calqués sur ceux d’un autre Eugène, immortalisé par Balzac dans le Père Goriot. Eugène-Aimé récupère des chiffons, de la ferraille, fait fortune en quelques années.
Pour un jeune champenois ambitieux et pressé, le symbole, la clé ultime de la réussite, passe par le Champagne.

Révélations sur la cave de A.H., à Berchtesgaden
L’histoire est imprévisible, ses détours souvent sinueux…
Dans la cave d’Hitler, il découvre plusieurs centaines de milliers de bouteilles de grands vins français, des Bordeaux et des champagnes. Dont un certain nombre de caisses de champagne Salon 1928. Voilà pour la légende ou le storytelling, même si d’autres sources penchent plutôt pour des caisses de champagnes Lanson.
Quelques années plus tard, en 1988, Bernard de Nonancourt, président de Laurent-Perrier rachètera la maison Salon et continuera de maintenir l’esprit de perfection qui fait de chacun des millésimes proposés par cette maison un instant rare.
En compagnie de Didier Depond, j’ai pu déguster le nouveau millésime qui vient d’être mis sur le marché, le 1997. Après un très joli Blanc de Blancs de Delamotte, frais et précis et un Blanc de Blancs 1999 complexe et raffiné qui associe des raisins en provenance du Mesnil, Avize, Oger et Cramant, voici le Salon 1997 que Didier Depond considère comme l’antithèse du 1996 : » Je dis volontiers que 1996, c’est Cary Grant et 1997, Audrey Hepburn… »
Alors comment se présente ce Salon 1997 : bulle légère, d’une finesse extrême. Grande finesse aromatique au nez, moins orienté sur la minéralité que le 1996, marqué par des notes hespéridées, florales (fleurs blanches, acacia), léger côté ambré des grands chardonnay, une note de noisette. Superbe bouche, ciselée, dansante, sur un fil harmonique avec une très belle osmose entre le fruit et le minéral.

On connaît déjà les prochains millésimes : 1999, 2002, 2004 et 2006. Comme chaque millésime est élevé sur lattes au moins dix ans (douze ans même pour le 1988), le compte à rebours est lancé et il s’agira d’être patient. De toute façon, la demande mondiale excède très largement la production moyenne (60 000 bt) par millésime déclaré et la dégustation d’un « S » de Salon constitue un privilège rare.
Presque rien n’a changé ici depuis les débuts historiques. Ce sont toujours les mêmes parcelles (19) du Mesnil sur Oger qui donnent naissance à ce champagne rarissime. Sauf le Clos Tarin (1.85 ha comme la Romanée-Conti) racheté par la maison Krug en 1971 et rebaptisé Clos du Mesnil avec le millésime 1979.
Telle est la magie d’un grand champagne, ce rapport au temps, à la durée : vient enfin le moment où on le découvre, unique, comme suspendu, c’est « l’instant Salon ».
Cet article a été commenté 11 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Thierry dit | L'instant Salon c'est quand la carte bleue fond, rien à voir avec l'instant Taittinger. |
François Bonilla dit | Je viens de decouvrir votre champagne salon 1997 je suis restaurateur en espagne a barcelone(Brasserie Flo Barcelone) et il m'a ete recomande par un de mes fournisseurs je tiens a vous dire que j'ai ete profondement deçu le produit etait totalement pla et pour ainsi dire presque totatalment mort en plus il nous a provoque un profont douleur de tete sela me surprent mais je me vois dans l'obligation de dire que le raport qualite prix es totalment injustifie 185€ la bouteille Hors taxes normalment pour les jaours exeptionels je consomme du cristal roderer ou du don perignon j'aimerais croire que cela provient d'une movaise conservation de votre produit a Barcelone atentivement mais profondement deçu François Bonilla |
François Bonilla dit | François Bonilla dit Je viens de decouvrir votre champagne salon 1997 je suis restaurateur en espagne a barcelone(Brasserie Flo Barcelone) et il m'a ete recomande par un de mes fournisseurs je tiens a vous dire que j'ai ete profondement deçu le produit etait totalement pla et pour ainsi dire presque totatalment mort en plus il nous a provoque un profont douleur de tete sela me surprent mais je me vois dans l'obligation de dire que le raport qualite prix es totalment injustifie 185€ la bouteille Hors taxes normalment pour les jaours exeptionels je consomme du cristal roderer ou du don perignon j'aimerais croire que cela provient d'une movaise conservation de votre produit a Barcelone atentivement mais profondement deçu François Bonilla |
Laurentg dit | J'ai pour ma part bu un excellent Salon 1995 au domaine. |
Jacques Perrin répond | Excellent commentaire Laurent, j'abonde dans votre sens. Dans un registre différent mais émouvant également dégusté hier soir la cuvée Inflorescence de Cédric Bouchard dans l'Aube, un petit chef-d'œuvre de précision, d'équilibre et de minéralité... |
Laurentg dit | Informations synthétisées par Pascal Perez lors de la visite de juin 2005 : |
Laurentg dit | Au domaine : |
Jacques Perrin répond | Merci pour ces précisions et le commentaire sur le 1997, Laurent. Je viens de le regoûter très récemment, dans des circonstances magiques. Superbe finesse, un vrai vin dansant, aérien, moins tendu, moins minéral que le 1996 mais d'une grâce infinie. Pur moment de bonheur ! |
Marie Ahm dit | Jacques; I couldn't agree more! The 1997 is a masterpiece... A great example of elegance and finesse. Indeed a wine to be enjoyed at special occasions! |
Laurentg dit | Présentation particulièrement minérale et austère, pour nous, pour une bouteille juste ouverte (une bouteille en attente ayant été jugée éventée). |
Laurent dit | Il y a 2 jours : Salon 1996 |




























