La fumée a disparu.
La neige est venue (presque) sans prévenir.
A une table voisine, un couple très glamour se mire dans le regard des autres, visiblement heureux d’être reconnu. Elle, fine, mutine, bien conservée, disent les lecteurs assidus des journaux people (est-ce pour se persuader que le temps n’a pas d’épaisseur qu’elle a posé récemment en Vénus Anadyomène ?) ; lui, sourire ravageur, sigisbée au cœur tendre, wonder boy en quête de centre de gravité.


Ils sortent faire des ronds dans la nuit, tirer une taf, si vous préférez.
Tout à coup, cette évidence me saisit : la fumée a disparu. Le monde a recouvré une partie de sa pureté originelle.
Bizarre époque. Avant, pour être dans le vent, il fallait fumer comme un chef Comanche en détresse. Dans les avions, sur les cimes verglacées, sur les plateaux d’Apostrophe ou du TJ, dans les grands restaurants entre une bouchée de petit Choux farci de langoustine au beurre de béluga et une de Homard à la vanille, en écoutant les stridences de Deep Purple, on boucanait, on grillait des sèches, des vertes et des pas mûres, on s’encalminait de Gauloises égrillardes, de Celtiques romantiques ou des Craven A qui, en plein hiver, valaient sans doute deux sous de trèfles, si j’en crois ce brave Léo !
Aujourd’hui, fini tout ça. On a délocalisé. Terminé le règne des hauts fourneaux ! Exit la java des Boyards et des clous de cercueils. Oubliée la libération de toutes les pensées chère à Pessoa.
Avant de la voir disparaître ?
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Nicolas Herbin dit | T'es bien roulée dans ton tabac |
Jacques Perrin répond | Manquait la Gitane, eh oui ! Ah la Gitane... |
Heeter dit | Feues Les Pauls - Fillmore West enflamme |
Laurentg dit | Dieu est un fumeur de havanes ... |
Heeter dit | |
Heeter dit | Suggestion en eclats |
Tea 4 2 dit |



























