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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Paris, lumières, contrastes, fragments...

Vendredi 13 Fevrier 2009, 14:31 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 3946 fois
Ici, toujours ce tourbillon, le strass tentaculaire, boule d’énergie pure qui roule, déambule, irradie et traverse les êtres. Vous laissant parfois, pantois, au bord des pavés. Ou sur des plages vides.

C’est Paris, ses lumières incroyables, des carrefours où l’on croise des aurores boréales, des filles qui leur ressemblent. Tous ces destins qui arrivent sur des bruissements d’ailes, parmi des perspectives tracées au cordeau, des places anarchiques, des Jardins qui rêvent de printemps. Et, toujours, ce cortège des misères au ras des grilles de métro et de l’oubli. 

Dans le grand restaurant où je me trouvais hier, à la table voisine, des banquiers, de toute évidence (manière de se vêtir, de se tenir, d’échanger des silences froissés entre deux bouchées...) Leur hôte, à la fin de la cérémonie, presque rasséréné, se mue en sage bouddhiste, la cravate en plus. Il s’adresse à son Corporate team et, dans un souffle, abandonne cette phrase qui s’en vient flotter délicieusement au-dessus des convives : » Madoff ou pas, la fête est terminée. Il est temps d’éteindre les lumières.. »
 
Noix de Saint-Jacques, « pok-choï » et chanterelles saisies à la plancha, beurre émulsionné dans un bouillon marin corsé au soja
 
Très peu pour moi. Musique, toujours ! Je garderai les lumières de Paris, celle qui brille dans les yeux des femmes et dans le ciel. Aujourd’hui, à l’Opéra Bastille, a lieu la première de la Troisième symphonie de Mahler sur une chorégraphie de John Neumeier.
Je rêverais de cette image sonore.
 
 
"Pour une dégustation de riesling, je sais me rendre libre !" (Philippe Bourguignon, directeur du restaurant Laurent)

Mais une dégustation du GJE est déjà au programme sur le thème des Riesling 2005 (Autriche, Allemagne, Alsace et… Luxembourg).
Dégustation intéressante d’une trentaine de vins. Comme le dit Philippe Bourguignon : pour une dégustation de riesling, je sais me rendre libre !
Résultats prochainement sur le blog du GJE.
 
Egon Müller IV (ici en compagnie de Marie Ahm) du Scharzhof à Wiltingen, producteur légendaire de la Saar, était également présent.
 
Et puis ce déjeuner vraiment merveilleux préparé par Alain Pegouret, le chef du Laurent. C’est une évidence : ce restaurant mérite largement deux étoiles. Pour la qualité de sa cuisine, juste, complexe mais pas compliquée, lisible, proche du produit. Pour la qualité de sa cave. Et pour son service, affable, professionnel, jamais pris en défaut. Mais que fait la baudruche ?

Le menu et les vins d'un déjeuner limpide comme un tableau de Monet

Bœuf mode et foie gras de canard truffé en gelée, chicon moutardé

Noix de Saint-Jacques, « pok-choï » et chanterelles saisies à la plancha, beurre émulsionné dans un bouillon marin corsé au soja

Les vins

Champagne 2000 sélection Laurent (excellent champagne en provenance de Chouilly, bien nerveux).
Riesling Cuvée Frédéric Emile 2002 Floral, ciselé, agrumes confits, finement mentholé avec un très bel extrait sec. Sans doute un des plus beaux F.E. de ces dernières années.
Riesling Cuvée Frédéric Emile 1997 (en magnum) Notes de naphte, d’épices orientale puis sur les fleurs blanches. Superbe richesse de constitution. Parfait à déguster aujourd’hui. On n’a pas eu la Tête de veau sauce gribiche chère au Franzle mais avec la Noix de St-Jacques, personne n’a déserté les gradins à l’entracte. Sauf Enzo Vizzari, bien sûr, mais il avait à travailler : à vrai dire, c'était tout en fin de repas !
Mercurey blanc 2005, Clos Rochette, Faiveley Cristallin, tendu, légèrement sur la réduction mais c’est bon et ce sera encore meilleur à l’avenir.
Château Haut-Marbuzet 2004 Dégusté à l’aveugle, ce vin frappe par la sa belle robe profonde, son nez fumé, épicé, qui évolue ensuite vers de notes de chocolat et de fruits noirs. Il développe une texture soyeuse magnifique et une richesse de constitution remarquable pour le millésime. Le style fastueux, un peu baroque, la texture, tout y est : mais, bon sang, c’est bien sûr…
Chacun aurait dû le dire : c’est Haut-Marbuzet ! 
Personne n’a rien dit. Mais c’était délicieux quand même.
Comme sur ce affiche entrevue à Berlin :"Tout a déjà été dit, mais pas par chacun..."
 
L’adresse Restaurant Laurent, 41 avenue Gabriel, Paris. T. (33) 1 42 25 00 39
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Cet article a été commenté 29 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Quelle alignement verrier ...

Haut-Marbuzet a fini à la 98è place à Poyferré.
Je ne l'avais pas goûté mais votre description m'évoque potentiellement celle d'un Pessac (la rondeur empyreumatique).

Au programme des vins allemands sur Paris la semaine prochaine, un Riesling Scharzhofberger Kabinett Egon Müller 1986.

Elle est vraiment charmante, Marie ... :-)

Vendredi 13 Fevrier 2009, 14:39 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Oui, Laurent, mais le Ht-Marbuzet dont vous parlez est le 2005 ?

Vendredi 13 Fevrier 2009, 14:49 GMT+2 | Retour au début

bleguern.fr/blg/deg/d_deg...

Un petit bonjour au passage à Bertrand.

Et bravo au dégustateur n°2, que je ne fus pas (trouvant le vin un peu creux et amer, en cette journée hivernale albigeoise).

Vendredi 13 Fevrier 2009, 14:51 GMT+2 | Retour au début

Non, Jacques, je parle des 2004 dégustés à Poyferré en juin 2007.

PS : je vous ai envoyé qq messages sur votre bal ...

Vendredi 13 Fevrier 2009, 14:53 GMT+2 | Retour au début

Euh, je voulais dire, bravo au dégustateur n°4 (j'ai un peu de mal avec les maths modernes ...)

:-)

Vendredi 13 Fevrier 2009, 14:57 GMT+2 | Retour au début

Marie Ahm dit

Laurentg; merci :0)

It was a very interesting tasting (though I missed Egon's wines a lot !) They were unfortunately "too" sweet to be included in this session. Great lunch too... The Noix de St. Jacques were amazing! Very feminine and delicate dish indeed...

Vendredi 13 Fevrier 2009, 14:59 GMT+2 | Retour au début

Marie,

Je n'oublie pas que votre présence est essentiellement due à vos talents.

I guess these scallops came from Erquy ... :-)

Pas de Trocken chez Egon Müller ? (Kabinett ou Spätlese ou Auslese)

Vendredi 13 Fevrier 2009, 15:11 GMT+2 | Retour au début

Marie Ahm dit

I asked Egon about this too and his answer was " The only dry Rieslings I produce come from Australia!" (his project "Kanta")
So I guess that we have to believe him ;0)

Vendredi 13 Fevrier 2009, 15:39 GMT+2 | Retour au début

Marie,

Merci pour votre réponse (je n'ai en effet jamais goûté un tel vin, de ce domaine).

En revanche :

Sturovo Region, Muzla (Slovaquie) – Château Bela (Egon Müller) – Riesling 2001 : on est au niveau de richesse d’un Auslese mais avec un taux d’alcool de 12 degrés.

Stùrovo Region, Muzla (Slovaquie) - Château Bela - Riesling 2002 (7/03) : noté une complète absence de sucre !

Un très joli vin australien, rappelant Kientzler ou Trimbach : Riesling Henschke Julius Eden Valley 1999

Vendredi 13 Fevrier 2009, 15:49 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Grand Jacques : merci de ton rapport qui, avec sa rigueur habituelle, exprime un véritable sentiment général sur la cuisine du chef Pégouret.
Mais comment veux-tu que le Michelin se déjuge si vite en lui redonnant la deuxième étoile qu'il n'aurait jamais dû perdre.
Ce que j'admire par dessus tout dans le style de sa cuisine, c'est qu'il n'a jamais essayé de rattraper ce macaron peru en tombant dans les modes culinaires qu'affectionne le bling bling de Naret.
Il doit normalement partir cette année et donc, l'an prochain, on devrait avoir véritablement du neuf.
NB : les deux Frédéric Emile étaient en magnums.
Et je suis très content qu'Haut-Marbuzet montre à l'évidence que 2004, si décrié au départ (sauf par Michel Bettane) soit à la hauteur des bons millésimes de bordeaux.

Vendredi 13 Fevrier 2009, 19:39 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

François, oui les deux F.E. étaient en magnums. Je vois que rien ne t'échappe. Quant au millésime 2004, Michel Bettane a rappelé ses vertus avec la sagacité qu'on lui connaît, tu as raison. Je l'avais également écrit dès le départ. Voir Vinifera. A ce propos Laurentg nous a rappelé un excellent lien, celui de B. Le Guern qui fait un travail remarquable. On peut notamment y voir les notes que j'ai attribuées aux 2004 ainsi que le classement des dégustateurs en fonction de leur taux de cohérence. ça vaut toujours la peine d'y jeter un coup d'oeil : http://bleguern.fr/blg/deg/d_deg.php?file=data/discret/2007_01_27_bordeaux(2)_2004.deg&todo=2&sortc=100

Vendredi 13 Fevrier 2009, 20:36 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Merci : voilà qui devait être dit.

Vendredi 13 Fevrier 2009, 20:41 GMT+2 | Retour au début

Jacques,

Pouvez-vous nous donner un lien explicite complet pour retrouver cette source.

Vendredi 13 Fevrier 2009, 23:31 GMT+2 | Retour au début

Laurent,
je crois que Marie n'a jamais visité la cité des étoiles....

Jacques,
vous avez une petite idée du nombre de fois que vous mangez des St-Jacques en 365 jrs ?

Les verre viennent-ils du Laurent, ou François les apporte en fourgonnette à chaque session du GJE ?

laurent

Samedi 14 Fevrier 2009, 08:27 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Laurent, cité des étoiles ou ville-lumière ? Parce que des cités des étoiles, il y en a un certain nombre. Les verres sont ceux du GJE, je crois. C'est vrai que c'est une logistique impressionnante. Plein de "petites mains" derrière qui assurent un service impeccable (température etc.) C'est le génie maussien de l'organisation. Pas si bordélique que ça, le président. Les St-Jacques, souvent mais plutôt à la bonne saison, c'est-à-dire maintenant : les congelées, les conservées sous agents conservateurs, j'évite. Et puis, en ce moment, c'est la période du frai pour les poissons de mer. Difficile d'en trouver de sublimes.

Samedi 14 Fevrier 2009, 08:59 GMT+2 | Retour au début

Laurent,

Je ne souhaite pas à Marie le sort de mon ex-collègue Claudie Haigneré (cf la presse).

Marie est je crois dans un itinéraire de MOW : je suis impressionné par la multiplicité des connaissances que cela impose.

Samedi 14 Fevrier 2009, 10:28 GMT+2 | Retour au début

St-Valentin ou pas, que du bonheur pour Marie !

Et générosité de coeur oblige, idem pour tous !


laurent

Samedi 14 Fevrier 2009, 16:00 GMT+2 | Retour au début

Donzelle dit

(Pas mal le gars avec des lunettes sur la der photo)

Samedi 14 Fevrier 2009, 18:26 GMT+2 | Retour au début

Chevalier dit

Autrefois, on faisait le vin avec son âme... pour le vin. On ne craignait pas de s'embouer dans les vignes de septembre pour prêter main forte aux coupeurs et aux porteurs, ni de s'attabler avec eux autour d'un chou farci... On humait la vigne.

Aujourd'hui, on fait le vin avec son "argent"... pour l'"argent". Nos vignobles ont tendance à devenir de simples placements financiers... et les routes du bordelais ou d'ailleurs, n'ont pas fini de couvrir le ballet nocturne des trafics en tous genres...

Samedi 14 Fevrier 2009, 22:40 GMT+2 | Retour au début

Swann Sung dit
Mauss dit

Chevalier :

Si effectivement je peux citer immédiatement des listes de noms correspondants à votre descriptif, je peux en faire tout autant dans l'autre sens.

Et, à ce jeu un peu bizarre, je m'étonne moi-même à allonger des noms de classés "rive gauche" bordelais pour les premiers, et les plus beaux noms bourguignons pour les seconds, avec, comme d'hab, des interpénétrations inévitables.

Je vous garantis qu'un Marionnet, qu'un Gautreau, qu'un Mugnier, qu'un Charlopin sont bien plus souvent dans leurs vignes que dans leur bureau, ou, à tout le moins - et cela j'en suis sûr - y sont bien plus heureux.

En sus, à terme, je doute fort qu'on puisse faire un grand vin, un vin avec une âme, en restant "business man".

Et quant aux trafics illicites, ils ont toujours existé, existeront toujours même si la nature de ceux-ci a changé. Ceci dit, il me semble moins évidents en 2009 qu'ils ne l'étaient en 1960.

Allez, arrêtez de vous faire mal : oubliez les mauvais, concentrez vous sur les bons :-))

Dimanche 15 Fevrier 2009, 08:27 GMT+2 | Retour au début

oenotropie.blogspot.com/2...

J'ai vu les vignes champenoises le mois dernier, déguelasses (le verre, le plastique venus de la capitale : hallucinant).
Ecouté aussi Anselme (Selosse) nous parler à la manière de Didier (Barral).

L'occasion de pointer un blog de belle tenue (et de me méfier de tout excès de passéisme).

Dimanche 15 Fevrier 2009, 10:47 GMT+2 | Retour au début

Marie Ahm dit

Laurentg; thanks for all your kind words. Just returned back home after a wonderful weekend (and Valentines Day :0) in the region where my heart belongs; Mosel.... The pureness of Rieslings and the pureness of souls

Dimanche 15 Fevrier 2009, 15:32 GMT+2 | Retour au début

Marie,

Lucky you ! :-)

Pureness of these wonderful landscapes (Trittenheim).
Beauty of names : Piesporter Goldtröpfchen, Trittenheimer Apotheke, Bernkastler Doctor, ... Trockenbeerenauslese GK ...

J'aime aussi beaucoup le vignoble du Douro, vertigineux !

Dimanche 15 Fevrier 2009, 18:31 GMT+2 | Retour au début

Marie Ahm dit

I am going to Douro tomorrow ! :0)
My two favorite regions in one week; so wonderful!
Will send you a thought from there tomorrow...

Dimanche 15 Fevrier 2009, 20:07 GMT+2 | Retour au début

I hope so. :-)

I stayed at Quinta do Colmaça, among the vines (stiff slopes).
The view over the Quinta de Vargellas is terrific !

Enjoy it ! (a lunch at Taylor's restaurant gives a wonderful point of view on Oporto).

Dimanche 15 Fevrier 2009, 22:49 GMT+2 | Retour au début