Xtreme de Verbier, slam des neiges et Champagne.
Comme beaucoup d’entre vous, je suis intrigué, fasciné, par ces images de freeriders qui dévalent des pentes insensées avec, apparemment, une désinvolture et une décontraction innées. Même si je suis plutôt orienté sur des thématiques ascensionnelles que de pure glisse. On ne se refait pas…
Je suis monté ce week-end à Verbier, au col des Gentianes, pour enfin tout savoir de ce sport à la mode, le freeride, du hors piste, ski ou board, engagé dans d’austères face nord, hérissées de barres, de sharkies, aux goulets sombres qui crachent de traîtres sluff...
Tenez, ces sharkies, à quoi ressemblent-ils ? Des petites dents de requins cachées sous la poudreuse, des cailloux traîtres qui vous rabotent les spatules et vous arrachent à la trajectoire idéale.
Ou le sluff, cette fine couche de neige pulvérulente qui se met en mouvement au passage du freerider et risquent de le déséquilibrer. Je ne connaissais pas le nom même si je m’en suis pris plein la poire lors d’une hivernale dans la face nord du Peigne. Maintenant je sais au moins comment ça s’appelle. Net progrès.



Pour exister, vous êtes condamnés à l’exploit et vous le savez. Il est vrai qu’il existe des perspectives plus tristes que cela.
Je me suis contenté de savourer une flûte de Champagne rosé de Jacques Selosse, vibrant, complexe, merveilleusement rafraîchissant parmi ce soleil implacable et ce froid térébrant. J’ai aimé, intensément, cette saveur, ces bulles ascendantes. Pur joyau : un instant au milieu de l’un des plus beaux panoramas du monde, le Mt-Blanc, les Droites, les Courtes juste en face.
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Gabriele dit | La follia... |
Mauss dit | Vraiment des fondus graves ! Il faut quand même quelque part une sacré dose d'inconscience pour se lancer comme cela ! |
Armand dit | C'est sûr, François, quand on voit quelqu'un sur la neige, il y en toujours un qui est fondu. |
Batman dit | M. Mauss, est-ce une nouvelle doctrine que vous nous énoncez là ou une façon particulière de "mau-rigéner" les têtes brûlées. Allez, dites-nous tout ! |
Laurentg dit | Vraiment des fondus graves ! |
Jacques Perrin répond | Je corrige (à distance) : il s'agit bien du Bec des Rosses où dévalent les freeriders, et non du Bec des Bosses (comme je l'ai annoncé par erreur). Ce dernier se trouve à Grimentz et nous y avons fait, Maurice Zufferey, Denis Mortet et moi un "ride" inoubliable dans la haute neige ! C'était en janvier 2001. |
Michel Grisard dit | François, |
Paul dit | Et puis finalement François, enchaîner les "rides" furieux à la Table d'Ewan, à la Ciau, chez Dutournier ou au Laurent, ne peut-on y voir l'inconscience de la jeunesse et la tentation de l'immortalité ? |
Christophe dit | Très bon article. Il y a quelques années, Walter Bonatti avait dit que la montagne deviendrait un stade ! |
Jacques Perrin répond | Christophe, je vois exactement ce à quoi vous faites allusion... C'est un très bon livre, comme tout ce que fait mon ami Jacky Rigaux ! Une petite précision à propos du grand Walter Bonattti : la revue The Alps vient de lui consacrer une édition spéciale. Vous y trouverez une photo superbe de A., très belle grimpeuse, dans la voie Bonatti au Grand Capucin. Nous avons trinqué à Verbier avec le Selosse rosé ! |
Eric C. dit | Aux freeriders de compétition, qui ne sont pas aussi libres qu'ils le souhaitent, je préfère des images vierges de tout sponsor, de tout juge, de toute note. |
Jacques Perrin répond | Très belle video, effectivement. Je préfère nettement cela. Merci Eric ! |
Très jolies photos |






























