La révolution de la biodynamie en viticulture.
Durant la première Guerre Mondiale, d'importants stocks de nitrates destinés à la production de munitions sont constitués. D’où des réserves d'azote considérables. Ces dernières seront utilisées pour nourrir les plantes sous forme d'engrais chimiques. Dans les années 40, le virage vers l'agriculture productiviste s’amorce, avec la mise au point de produits de synthèse de plus en plus puissants, permettant de lutter contre les maladies qui deviennent résistantes aux premières générations de traitements, mais aussi de doper des végétaux déjà « sous perfusion ».

- chaque organisme vivant est considéré comme appartenant à un ensemble d’éléments interdépendants.
- il faut s’efforcer de cultiver en tenant compte des rythmes de la lune, des planètes, des saisons.
- il faut réguler - et non anéantir - les nuisibles par des méthodes naturelles.
- les préparations dynamisantes (500 à 507) sont utiles et nécessaires à une culture saine.
Aujourd’hui, le nombre de domaines convertis ou en cours de conversion ne cesse de croitre. Sans compter les déjà nombreuses grandes propriétés qui ont rejoint le mouvement depuis quelques années : Domaines de la Romanée Conti, Leflaive, Leroy, Trapet, Lafon en Bourgogne ; Marcel Deiss, Ostertag, Zind Humbrecht en Alsace ; Nicolas Joly & Huet en Vallée de la Loire ; Chapoutier dans le Rhône ; Raymond Paccot & M.T. Chappaz en Suisse ; etc…
Au cours de la dégustation qui a suivi, à défaut de pouvoir mettre en exergue des caractéristiques organoleptiques incontestablement inhérentes à la biodynamie, nous nous sommes attachés a essayer de comprendre ce que l’on pouvait trouver de remarquable dans un vin issu de culture bio-dynamique.

Chablis 2006 Jean-Pierre Grossot (viticulture conventionnelle) : couleur très claire, gris pâle. Timides arômes de zeste de citron. Attaque assez énergique, toucher de bouche relativement gras pour le niveau d'appellation (effet millésime), mais complexité limitée de la saveur, demi-corps. L’acidité est moins bien intégrée que pour la cuvée qui a suivi, mais la concentration n’était sans doute pas la même, ce vin représentant l’entrée de gamme (plus qu'honorable !) de ce bon domaine.
Que nous avons goûté en parallèle avec : Chablis 2006 Domaine de la Boissonneuse, Julien Brocard : bel or pâle, reflets lumineux, aspect gras. Premier nez un peu confus, puis arômes de pâtisserie, amande fraiche, fleur de vigne. Bouche beaucoup plus grasse que le vin de Grossot, concentrée, fondue, complexe, avec un toucher très soyeux, glycériné. L'acidité n'est pas « à côté du vin », elle est « dans le vin », complètement intégrée. Très belle bouteille !
Savennières Clos de la Coulée de Serrant 2006 Nicolas Joly (carafé 8 heures) : robe dorée, étonnamment évoluée. Nez un peu fouillis présentant entre autres des notes de raisins de Corinthe, d'essence de térébenthine, avec un côté terpénique appuyé. Bouche légèrement dissociée sur l'attaque, saveur un peu oxydative. On devine une grande personnalité (longueur, épices, structure) mais l'ensemble est pour le moins confus.
NB : goûté il y a un mois et demi, ce vin s'exprimait avec un supplément non négligeable de définition, de précision et de pureté. Percera-t-on un jour le mystère de ce vin versatile, qui tantôt rayonne, tantôt boude ? D'aucuns l'ont beaucoup aimé ce soir là, d'autres moins...
Côtes de Castillon 2006 Domaine de l'A, Stéphane Derenoncourt couleur rubis intense, reflets violets. Léger côté viande crue au premier nez, qui évolue ensuite vers le cassis et le zan. Très sphérique dès l'attaque, la bouche est hyper veloutée, bâtie sur un tanin tactile, soyeux, bien charnu. L'ensemble n'est pas très vineux, plutôt souple dans l'expression, avec un travail du fruit « à la bourguignonne » qui semble viser la sensualité. Finale mûre et fruitée. Étonnamment accessible pour son âge, il ne faut pas s'en priver !
Cornas Billes Noires 2006 Domaine du Coulet, Matthieu Barret (carafé 4 heures) : d'aspect trouble, la robe présente néanmoins une belle couleur violine intense. Grand nez de cèdre, de violette, de graphite, de tabac brun et de baie de genièvre. Importante chair en entrée de bouche avec une pulpe magnifique, un naturel d'expression confondant, beaucoup de jus et de profondeur de goût, saveur réglissée/mentholée très noble, tanin étiré et vertical, finale droite et franche, très fraiche. Grandes promesses, et grand vin de style et terroir. Vigneron à découvrir d'urgence...
Savigny-les-Beaune les Narbantons 1997 Domaine Leroy robe très dépouillée avec une transparence et un « passé de couleur » (typique des vins du domaine, mêmes jeunes) impressionnant. Premier nez très évolué, sur la fourrure et le lambic. Évolution douce et lente sur la rose fanée, la griotte. Bouche assez grasse avec une très belle présence, de l’intensité, la saveur est cohérente avec le nez, le vin se déploie surtout à partie du milieu de bouche et jusqu'en finale, finissant sur l'arôme. Haute du maturité du raisin typique du millésime, mais il est tant de le boire.
Burlenberg 2003 Marcel Deiss robe un peu évoluée, brunissant légèrement. Nez un peu réduit, évoluant rapidement sur les épices, le cacao, le chocolat amer. Tanin fondu, caractère acidulé très marqué, vin assez chaleureux dans la saveur (effet 2003), beaucoup de concentration et de matière, il exsude le soleil. Finale cacaotée pour un Burlenberg qui s’exprime puissamment. On est à mille lieues du pinot alsacien œil de perdrix et fluide !
Aglianico del Vulture La Firma 2005 Cantine del Notaio (Basilicate, terroir volcanique) : profondeur impressionnante de la robe. Nez de cassis frais, café torréfié, viande séchée. Densité impressionnante dès l'attaque avec une expression épicée marquée. De l’intensité, de la fougue, une acidité énergique. Ensemble singulier, qui retient l'attention. Finale légèrement boisée/torréfiée, mais il est encore jeune et richement doté. Il mérite notre confiance, et un bon coup de carafe !
Riesling Muenchberg Vendange Tardive 2004 André Ostertag couleur dorée sans excès, bel aspect. Notes de mirabelle, noyau de pêche, bergamote, léger fumé, évolution mentholée. Bouche élégante, sucre bien intégré à la saveur. Expression très propre, mais liqueur moyennement intense. Encore un peu fermé, il n'explose pas immédiatement, campant plutôt sur son fruit discret que sur l'expression de son terroir. Attendre sagement...
A la demande de l'un de nos aristarques, il est précisé ici que tous les vins figurant ci-dessus sont issus de vignes cultivées en biodynamie, à l'exception bien sûr du Chablis 2006 de J.P. Grossot.
Pour approfondir le sujet
• 50 ans de pratique et d’enseignement de l’agriculture biodynamique, François Bouchet, Deux Versants Editeurs.
• Le sol, la terre et les champs, Claude et Lydia Bourguignon, Editions Sang de la Terre.
• Le Rouge et le Blanc, no 56, septembre 1998
• Vinifera 23, février 2001
• www.bio-dynamie.org
• www.biodynamy.com
• www.demeter.net
• www.biodyvin.com
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Laurentg dit | Merci pour ces pistes holistiques ... |
Laurentg dit | La coulée est l'archétype du vin cyclothymique. |
Mauss dit | Première photo en haut à droite : le gros là, c'est-y pas un zozo qui cherche à comprendre comment fonctionne un IPHONE ? |
Armand dit | Surtout que le type -Prix Nobel, quand même- qui a réussi à industrialiser la production des nitrates, a inventé le gaz moutarde qui a parfumé les tranchées et le Zyklon B. |
Lucien dit | De cultures en conversions, de croyances en croissances; www.youtube.com/watch?v=b... |
Michel Grisard dit | Il ne sert à rien de vilipender notre ami Patrick, apparemment, le cours n'a pas commencer, au fond de la salle les élèves ont l'air bien dissipés... |
Nicolas Herbin dit | Michel, si tu veux nous parler de ton expérience de la biodynamie, tu es le bienvenue, n'hésite pas ! |
Yves dit | C'est quoi un iphone m mauss?? ça se trouve en Bretagne???, ici ils nous installent des sémaphores: c'est le progrès!!! |
Jacques Perrin répond | Le personnage désopilant qui trouve toujours le moyen d'être en avant de l'écran (c'est dire qu'il le "crève"), c'est bien Patrick Regamey, affectueusement rebaptisé "Dr Bonobo" ou "poil à gratter" par François Mauss ! Vous pouvez dire ce que vous voulez de lui, que c'est un grand comique façon Groucho Marx, une spaghettomane coupé dans ses élans d'amour, un Iphonemaniac, don't matter. Il ne lira rien de ceci. La caravane passera. Patrick Regamey ne sait pas qu'Internat existe. Du moins comment ça fonctionne. Nous voilà tranquilles. |
Michel Grisard dit | Nicolas, |
Michel Grisard dit | Témoignage: |
Michel Grisard dit | Depuis cette expérience sur mes vignes, on peut venir me dire que l'homéopathie fonctionne grâce à son effet placébo... |
Mauss dit | Pour s'inscrire au fan-club du bon docteur, merci me faire un mail : j'en suis là aussi le Président :-)) |
Mauss dit | Michel : |
Laurentg dit | François |
Laurentg dit | J'oubliais, |
Jacques Perrin répond | Merci Michel pour ton feed-back. On lira aussi, sur ce sujet, un post d'Hervé Bizeul www.closdesfees.com/blog2... |
Laurentg dit | Jean-Charles le Bault de la Morinière nous a parlé avant-hier avec beaucoup de minutie de ses expériences en biodynamie ... |






























