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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Viens voir les collégiens, voir les magiciens, les musiciens !

Mardi 21 Avril 2009, 14:21 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 3564 fois
Il y a ceux qui déposent le tablier. Ceux qui rendent les étoiles. Ceux qui immuables posent devant des limonaires. Ceux qui au feu des rôtissoires ont des têtes de limoncello. Ceux qui jet-laguent chaque semaine. Ceux qui nomadisent et griffent. Ceux qui fast-foodent et surfent en douceur.
Ceux qui n’ont jamais oublié le feulement du piano, qui rêvent en couleurs toutes les nuits. De quoi ? Des plats qui leur viennent aux lèvres. Comme des paroles, des mots d’amour. Des océans de tendresse oubliée.
Car c’est de l’amour, ça, vouloir la joie des autres, effacer l’infini regret d’avoir été un jour nourri à satiété.
Ceux qui savent aussi que l’âme n’est pas plate mais ressemble à un feuilletage. Elle monte au ciel parfois. Quand la détrempe est bonne, le tourage et la température en phase. C'est sans toute la raison pour laquelle on dit : avoir l'âme bien trempée...
 
Au Petit Collège, rue du Collège. Carouge.
 
Et puis, il  y a ceux qui rock’n’rollent. D’un quartier à l’autre. Que l’on suit à la trace. Sillage intemporel.
C’est le cas de Gérard Bouilloux qui alluma ses feux allègres du côté des Eaux-Vives, un tiers de siècle déjà. Connut la gloire, ses chimères et ses contraintes ! A Drize, près de Genève. C'est à ce moment-là que je l'ai connu. Il fut un de mes premiers clients dans le monde de la restauration. Je me souviens même du premier vin qu'il m'a acheté : un château Grave des Annereaux 1982, Lalande de Pomerol...

Il fut sans doute le premier grand chef a oser cette rupture, ce crime de lèse-Michelin : rendre ses étoiles. Trop lourdes à porter. 
 
Il s’est ensuite exilé aux frontières de nulle part, dans un lieu aléatoire baptisé La Plaine.
Le voici, depuis un an, dans la pittoresque cité sarde, à deux pas du théâtre de Carouge. Dans un bistrot au nom de gouaille séminariste et de fronde gourmande, Au Petit Collège. A deux pas de son vieux copain Fracheboud, du Dix Vins autre grand cuisinier rocker.

On sent tout de suite qu’on va s’attarder ici, s’attabler dans la minuscule salle et prendre un strapontin pour un paradis bruissant. Celui où les chefs n’ont jamais perdu la foi et, tel Bouilloux échappé des étoiles, sortent de leur cuisine, tablier rouge et linge froissé à la taille, pour toiser avec tendresse l’assistance ébaudie.
Geste qui n’est pas sans rappeler celui d'un certain Jean-Paul Barbier, au Lion d’Or à Arcins...
 
 Soupe d'écrevisses à la crème d'herbes.
 
Une ardoise pour les suggestions du jour. Un menu sans chichis. Une carte des vins courte, ramassée, qui met en scène ls passions du chef. A l’instar de la bizeulienne cuvée  De battre mon cœur s’est arrêté…
Quant à nous, apprentis collégiens, on a failli cesser de respirer sous les regards conjugués de la table voisine, deux dames alanguies et chamarrées, qui, leur repas fini, avaient encore les yeux de Chimène pour les plats qui défilaient maintenant devant nous.
 

 
Et c’est sous l’égide attendrie de ces spectatrices que nous avons goûté ces grands classiques de la cuisine de Gérard Bouilloux que sont :

L’accorte Terrine de Pot-au-feu au foie gras
la Soupe d’écrevisses à la crème d’herbes
et ce Ris de veau glacé aux carottes qui émouvrait sans doute Eugénie Brazier, si elle goûtait encore aux parfums de ce monde.

Chez Bouilloux, tout est... comment dites-vous ?

Prix compter une soixantaine de francs par personne (sans les vins)

L’adresse Au Petit Collège
Gérard & Eliane Bouilloux
Rue du Collège 8
1227 Carouge
t. 022 300 20 98
Fermé dimanche et lundi
Réservation impérative !
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Cet article a été commenté 25 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

"Du ris" (c'est le nom de l'acteur du film du fils de Michel Audiard)

Mardi 21 Avril 2009, 14:27 GMT+2 | Retour au début

Du film qui porte le même nom que la cuvée d'Hervé ...

Il nous dira la nature du lien ?

Mardi 21 Avril 2009, 14:36 GMT+2 | Retour au début

Paul dit

Eugénie Brazier ... encore ... comme un appel lancinant ?

Il n'empêche, ce Ris me donne une faim de Loup, je rentre tout juste de chez Jean-Marc Burgaud ou j'ai confirmé mon goût immodéré pour ses grands vins de terroir.

- Régnié 2008 d'une pure gourmandise, estival à souhait.

- Côte du Py Réserve 2003 magnifique et frais, rayonnant d'orangette, de cerise, de figue, très complexe. Un Py plus oriental que piémontais pour une fois ...

Et que dire de James 2007, Jacques l'a déjà bien fait ... Spectaculaire longueur, boule d'énergie vineuse, complexité naissante sur une trame tannique quasi duveteuse, peau de pêche.

Mardi 21 Avril 2009, 18:29 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

Le clown du Figaro publie comme tout les ans la liste des 50 meilleurs restaurants du monde devinez qui est en tête!!!!!!!!!!

Mardi 21 Avril 2009, 21:06 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

Le clown du Figaro publie comme tout les ans la liste des 50 meilleurs restaurants du monde devinez qui est en tête!!!!!!!!!!

Mardi 21 Avril 2009, 21:06 GMT+2 | Retour au début

Paul dit

Cela n'a tellement aucun sens qu'il ne faut je crois, même pas s'y arrêter ...

Mardi 21 Avril 2009, 21:21 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Oui, Paul, ce Classement est une aberration, établi sur la base d'une liste établie par une série de journalistes gastronomiques plus ou moins "influents", plus ou moins "inféodés", aux critères variables. Comme la géométrie non euclidienne... Bon, je sais que le grand Léo préconisait de mettre "Euclide dans une poubelle !" Mais quand même.... Tenez, le grand Gérard Bouilloux, dont il est question ci-dessus (quand même deux macarons autrefois), il ne serait jamais apparu dans un tel classement. Trop idiosyncrasique !

Mardi 21 Avril 2009, 22:12 GMT+2 | Retour au début

Alfredo dit

Est-ce une impression ou les rues de Carouge sont reconnaissables d'à travers mille autres ?

Mardi 21 Avril 2009, 22:29 GMT+2 | Retour au début

Paul dit

C'est vrai que l'idiosyncrasique n'est pas en odeur de sainteté dans ce classement. Même si on note les fugaces présences de Bras, de Pierangelini ... La prime est vraisemblablement plus à l'innovation universalisante, au détriment de l'identité de la cuisine. Un peu ce que sont les vins de vignerons aux vins de terroir ... de pâles ersatz prévisibles et lassants.

Mince, j'avais dit que je n'en parlerai même pas. J'ai été eu et c'est le principe même de la chose. Un classement pour faire parler des journalistes et de leurs copains.

Mardi 21 Avril 2009, 22:33 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Je sais, je me répètes, mais il faut savoir profiter des bonnes choses:

"[Hippolyte de] Villemessant avait sous cet Empire [Napoléon III] qui fit sortir toutes les sanies, créé le journal-type de la presse de joie, le Figaro. Une escouade de petits drôles plus ou moins écrituriers, allaient à la Cour, à la ville, au théâtre, dénicher le cancan, le scandale du jour, l’anecdote croustillante, écoutant aux portes, flairant les cuvettes, fouillant les poches, recevant quelquefois la pièce, souvent le pied. Paillard, conservateur, religieux, le Figaro était l’organe et l’exploiteur de cette truanderie de dignitaires, de boursiers et de filles qui levaient si galamment les écus et la jambe. [...] Le gouvernement l’utilisa pour insulter l’opposition, ridiculiser les républicains, calomnier les réunions publiques [...]." (P.O. Lissagaray - Histoire de la commune de Paris)

Rien (ou si peu) n'a changé.

Mardi 21 Avril 2009, 22:58 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Je recommence car c'est un peu pénible ces zones où on ne peut coller du texte sans craindre les avatars du langage du web...

Je sais, je me répètes, mais il faut savoir profiter des bonnes choses:

"[Hippolyte de] Villemessant avait sous cet Empire [Napoléon III] qui fit sortir toutes les sanies, créé le journal-type de la presse de joie, le Figaro. Une escouade de petits drôles plus ou moins écrituriers, allaient à la Cour, à la ville, au théâtre, dénicher le cancan, le scandale du jour, l'anecdote croustillante, écoutant aux portes, flairant les cuvettes, fouillant les poches, recevant quelquefois la pièce, souvent le pied. Paillard, conservateur, religieux, le Figaro était l'organe et l'exploiteur de cette truanderie de dignitaires, de boursiers et de filles qui levaient si galamment les écus et la jambe. [...] Le gouvernement l'utilisa pour insulter l'opposition, ridiculiser les républicains, calomnier les réunions publiques [...]." (P.O. Lissagaray - Histoire de la commune de Paris)

Rien (ou si peu) n'a changé.

Mardi 21 Avril 2009, 23:02 GMT+2 | Retour au début

Paul dit

Jacques,

Un peu plus sur cette soupe d'écrevisses ? Et quid de tous ces petits frichtis dansant autour d'elle ?

Mardi 21 Avril 2009, 23:45 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

D'abord ils viennent d'où ces écrevisses?
De plus dire que ce classement n'a pas de sens, me semble faux. Tout fait sens, dans un quotidien national comme le Figaro. N'est-ce pas le côté clinquant de l"époque? François Simon est-il si libre que cela au Figaro? N'est-ce pas un "article de commande"? Si François Simon tenait un restaurant, je ne suis pas sur que j'irais chez lui.
En fait, si à 50 ans, on n'a pas été dans ces restaurants, c'est qu'on a raté sa vie ;-)

Mercredi 22 Avril 2009, 06:31 GMT+2 | Retour au début

Pascal Henry dit

Armand,
Faut que je me dépêche,il me manque 31 tables de la liste à faire dans les 3 ans avant d'avoir raté ma vie!

Mercredi 22 Avril 2009, 11:16 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

De toute façon Pascal comme je suis sûr, certain que vous n'avez pas une Rollex et vu votre âge votre vie est belle et bien ratée

Mercredi 22 Avril 2009, 12:25 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

Armand moi non plus!!! avez vous lu son inquiétude et ses questions au Simon lors de la semaine du goît où il devait officier dans une restaurant; du niveau: les pâtes ça se cuit dans d'l'eau bouillante ou on les met directement comme ça sur le feu, dans la casserole?

Mercredi 22 Avril 2009, 13:39 GMT+2 | Retour au début

Pascal Henry dit

Yves,
Je cours me pendre de ce pas j'ai une Swatch comme breloque.Adieu!

Mercredi 22 Avril 2009, 16:29 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Pascal, n'écoutez pas Yves. C'est un petit joker (comme on dit chez les têtes-à-claques) : il parle toujours au deuxième ou au troisième degré ! On a besoin de votre passion et, pourquoi, pas de vos bons filons, question adresses.

Jeudi 23 Avril 2009, 08:36 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

Grand Jacques tant que nous ne serons pas assurés que vous êtes un authentique Spinoziste (ça se mérite) nous (de majesté) vous retirons le droit de commenter nos commentaires ;)
et puis le Pascalou il me semble bien apte à se défendre :)

Jeudi 23 Avril 2009, 13:55 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

C'est quand même un gars qui a survécu à El Bulli!!!!!!! et là je dis respect! d'accord Le Mexicain, Blumenthal il serait mort mais quand même!!!!!!

Jeudi 23 Avril 2009, 14:01 GMT+2 | Retour au début

Paul dit
Jacques Perrin répond

Paul, pas de réponse hélas car cela remonte à un mois déjà et nous étions troublés par le spectacle dans la salle. En fait, on nous a annoncé une Soupe d'écrevisses et à l'arrivée on a eu droit à une sorte de cocktail d'écrevisses.

Yves : j'avance sur le chemin du spinozisme mais je n'ai guère dépassé la page 30 de l'ouvrage séditieux que vous m'avez offert. Donc je ne commenterai plus, sauf nécessité absolue !

Vendredi 24 Avril 2009, 17:48 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

Vous connaissez le mot de Nabokov, grand Jacques "nul n'est tenu d'écrire un roman" eh bien! pour mes questions c'est pareil nul n'est tenu d'y répondre, et puis, le titre était provocateur mais séditieux.........

Samedi 25 Avril 2009, 18:23 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

Vous connaissez le mot de Nabokov, grand Jacques "nul n'est tenu d'écrire un roman" eh bien! pour mes questions c'est pareil nul n'est tenu d'y répondre, et puis, le titre était provocateur mais séditieux.........

Samedi 25 Avril 2009, 18:26 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Yves, c'est comme dans le jardin de Tarbes : nul n'est tenu d'y entrer des fleurs à la main car personne ne prouvera prouver, à la sortie, qu'il les avait avant d'y entrer... Encore merci pour cette histoire saugrenue entre Hegel et Spinoza. Je parierais presque que Le Dantec est un lecteur assidu de Jean-Bernard Pouy.

Samedi 25 Avril 2009, 23:59 GMT+2 | Retour au début