Polanski sur les hauteurs : à la recherche d'une Suisse perdue.
Déjeuneur solitaire, entre deux pages d’Erri de Luca. Enfin, presque : je prête une oreille distraite à la conversation animée de la table voisine. Un polyglotte – il enchaîne avec une aisance stupéfiante trois langues – semble attacher une grande importance à une histoire de parking devant une pharmacie locale.
Je le vois de dos et de profil uniquement.
La voix, l’accent, cet air de vieil enfant facétieux : pas l’ombre d’un doute, voici l’auteur de Répulsion, Rosemary’s Baby, Cul-de-Sac et Chinatown, les films de lui que je préfère.
Après, j’ai cessé de m’y intéresser.

Sur la belle pelouse du Parkhotel, les joueurs de cor (Alphorn) s’affrontent en joutes très sérieuses. En solo, en duo, voire en trio. Les sonorités sont graves, profondes, quasi telluriques. Le son est transmis par une colonne d’air impressionnante (3m40 en fa dièse) et la vibration complète de la colonne produit le ton fondamental. Evidemment, le choix des mélodies est plutôt limité. Même, j’ai l’impression que les concurrents jouent tous la même mélodie et me demande si, comme au patinage artistique, on a affaire à des figures imposées.

Ajoutez à ce tableau les facéties sonores des yodleurs, cette technique de chant si particulière qui consiste à passer sans crier gare de la voie de corps à la voix de tête. Vous pouvez toujours essayer mais, au début, il est recommandé de n’avoir pas de témoins…

Là-haut, autre monde, le Palace est illuminé. Il brille dans la nuit, vaisseau céleste, avec ses étranges tours crénelées. Il a un petit air Ludwid II et je suis sûr que Verena y pense.
Tout est faux. Tout est vrai. Entre le cliché et la sincérité. Qu’il paraît loin tout à coup Roman et son vilain coup de canif sur la narine de Jake J. Gittes…
Oh, rien de snob dans cet amour – ce n’est pas mon monde, rassurez-vous ! – mais l’amour d’une Suisse miraculée, insolite, paradoxale. 7000 âmes et autant de vaches. Des fromages à se damner. Des gens d’une grande civilité qui vivent encore au rythme des saisons.
Et, surtout, j’ai toujours en mémoire ces merveilleuses sessions du GJE au Grand Chalet (la deuxième et la troisième sauf erreur). Les Dovaz, Bettane, Desseauve,Thorel, Bourguignon, Poussier, Bureau, Dutournier, Diel, Payne and co, arrivés ici, éberlués, dans le soleil du mois de mai, après un voyage en petit train rouge où de sérieuses minutions furent sorties. Nous avions été reçus comme des princes pas Franz Rosskogler et, vraiment, cela ne s’oublie pas.
La suite ? Vous la connaîtrez bientôt avec le Chesery du grand Robert Speth. Et pour ce qui concerne l’éventuelle suite du GJE à Gstaad, mister Tippa, on compte sur vous !
Cet article a été commenté 3 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Laurentg dit | Onirique ... |
Mauss dit | Avec LPV, nous avons croisé au Laurent, une Dame faisant partie depuis des temps immémoriaux de cette belle ville de Gstaad que le GJE a si bien connu grâce à toi (et regarde : même Bizeul y a ses habitudes maintenant). |
Aristochat dit | Cette Dame a sans doute. Il n'y a que des vétérinaires mais ne sont-ils pas plutôt dévolus à la gent des bovidés ? 7000 vêlages par an, ça compte non ? |




























