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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Tarte feuilletée aux bolets et pancetta grillée d'un repas d'été.

Vendredi 31 Juillet 2009, 19:00 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 2197 fois
Farniente et basta cosi ! Quelqu’un voudrait-il brosser le tableau ?
 
Il ressemblerait à ces collines toscanes où la douceur de vivre est une vertu. La lumière d’une fin d’après-midi. Une chaleur qui n’écrase pas, vous enveloppe d’un halo de patience, vous irrigue comme un fruit mûr. Saveur de figue et vraie tomate gorgée qui attend dans l’ombre.
 
Au coin de la rue, un boucher  récite quelques vers du Paradis de Dante :  Ma io er già per me stesso tal qual ei volea. Il s’appelle Dario Cecchini.
 
Cet homme n’est pas une fiction. L’entendre chanter et le voir apprêter son bœuf Chianina rassis suscite quelque envie. Il est temps de songer à préparer le repas…
 

Dans la cuisine un petit malin, un facétieux, avait placardé ces mots d’ordre.

« Oisifs de tous les pays, unissez-vous !
Roi Pétaud, à votre pétaudière…
« Toréador, L'amour, l'amour t'attend ! »
Vignerons, étanchez nos soifs d’absolu !
Astrologues, devinez qui vient dîner ce soir ?
Enfarinés, déroulez vos pâtons
Marmitons, repos ! »  

Je l’avoue, je n’ai rien compris…
J’ai franchi la ligne de démarcation qui sépare l’inaction de l’instinct de conservation et, farniente ou pas, me suis attelé à donner un tour supplémentaire à ma pâte translucide.
Juste sous l’œil du maître qui, lui, a longtemps attendu les heure fraîches de la nuit pour peaufiner son chef-d’œuvre.

Pendant ce temps, le coulis de tomates concentrait ses sucs sous des frondaisons de thym et de serpolet et la glorieuse pancetta se fritait, languide, dans la poêle.
 
A partir de là, tout se déroula à la perfection. Quelques petits boletus aestivalis à l’huile, vinrent compléter le tableau, peu avant le service. Et dans l’écrin transparent une bouteille de Farniente de Coume del Mas 2008, épatant Collioure rosé, attendait l’heure idéale. Celle-ci ne tarda pas à venir. Au loin, nous écoutions – toujours – d'une oreille distraite ces vers de Dante :
 
"canto che tanto vince nostre muse,
nostre serene in quelle dolci tube,
quanto primo splendor quel ch'e' refuse."
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On en mangerait ... :-)

Il y a de beaux rosés dans ce coin (Rectorie, Préceptorie), de beaux vins mutés également !

Vendredi 31 Juillet 2009, 20:45 GMT+2 | Retour au début

Paul dit

De la transmission de pensée moi je vous dis ...

Hier soir c'était pizza maison Funghi porcini, prezzemolo et pomodorini.

Une réminiscence romaine, un régal. Dantesque.

Samedi 1 Aout 2009, 08:47 GMT+2 | Retour au début

Lydie Rocaille dit

www.abbaye-saint-benoit.c...

Les penseurs grecs n'ont pas fini de me questionner. Les discours du pape en exercice non plus.

Sinon, j'ai le souvenir - lointain - d'une pizza romaine moins fournie en tomate.

Samedi 1 Aout 2009, 20:57 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Paul, il doit y avoir des choses qui ne s'expliquent pas !

Dimanche 2 Aout 2009, 14:01 GMT+2 | Retour au début

Synchronicité ...
fr.wikipedia.org/wiki/Syn...

Je suis dans la lecture du livre d'une vieille dame de 90 ans, Anne Ancelin Schützenberger : le plaisir de vivre

"La chance favorise un esprit préparé" - Louis Pasteur.

"On ne chante bien que dans les branches de son arbre généalogique" - René Char

Dimanche 2 Aout 2009, 14:17 GMT+2 | Retour au début

A noter que l'auteur y développe le concept de sérendipité ...

Dimanche 2 Aout 2009, 15:33 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

C'est un concept très intéressant que celui de synchronicité, cher à Jung. C'est pourquoi il vaut la peine de s'intéresser au Yi Jing (le grand Livre des mutations) qui renvoie à leurs chères études tous les astrologues amateurs.

Lundi 3 Aout 2009, 11:57 GMT+2 | Retour au début

J'ai eu la chance de sympathiser avec Jean Biès ... (sa femme étant par ailleurs thérapeute Jungienne).

www.cgjung.net/jbies/

Un auteur majeur et méconnu.
Ses écrits sur l'orthodoxie, la spiritualité, la transdisciplinarité, l'alchimie ... sont des références.

Sa thèse sur l'influence de la pensée Hindoue dans la littérature française est une somme et son récit de voyage un joyau (lettres du pays de l'être).

Merci, Jean, pour ces textes remarquables.

Lundi 3 Aout 2009, 12:15 GMT+2 | Retour au début

Pferrand dit

Et pour suivre ses carnets "d'impertinences spirituelles"...
signes-et-symboles.org/do...

Vendredi 7 Aout 2009, 17:15 GMT+2 | Retour au début

En effet, Pferrand (de Jean Biès) :

"Je demande, et le sais, énormément aux jeunes. Mais je sais en même temps que je n’ai pas à les juger, que la jeunesse a ses exigences à satisfaire, et que je n’ai à en forcer aucun à me suivre.
Parmi eux, il en est qui disparaissent en cours de route, certains jouent seulement le rôle d'intermédiaires, puis s’esquivent, certains enfin viennent à moi parce que déjà acquis à ce que je vais leur dire. Il serait faux d’exiger d'autrui le goût des choses spirituelles. Le mieux qu’on ait à faire à l’égard des autres, c’est de rejeter ses propres pensées et désirs à leur sujet. On voudrait trop souvent les voir se transformer selon sa convenance ; en somme, nous ressembler. Instinct de possession. Les accepter tels qu’ils sont. Ne pas regretter de les voir s’éloigner de moi, et m’oublier, — est-ce bien de l’oubli ? ; ne pas regretter tant d’heures à eux consacrées, peut-être en pure perte ; mais accepter qu’ils suivent d’autres chemins ; renoncer aux fruits de l’effort ; refuser de juger. On n’a aucun droit sur personne. Yi King : «Toute volonté délibérée de produire une influence ne ferait que détruire cette influence».

Vendredi 7 Aout 2009, 17:24 GMT+2 | Retour au début

Michèle dit

Une Farniente psychologique somme toute efficace, au final ! :-)

Lâcher prise ... Pas si simple !

Vendredi 7 Aout 2009, 23:34 GMT+2 | Retour au début

Je viens de rouvrir mon livre des transformations (Richard Wilhelm, Etienne Perrot).

L'introduction mentionne René Guénon ("la crise du monde moderne") ... qui a contribué à faire connaître le Yi King et a également beaucoup influencé la pensée de Jean Biès.

J'aime beaucoup ce blog où l'on passe de la pancetta à la spiritualité, de Dante aux rosés du Roussillon.

Merci, Jacques ! :-)

PS : souvenir d'un déjeuner avec l'illustre sinologue François Jullien qui était venu brillament parler aux ingénieurs du CNES (initialement interloqués puis finalement enthousiastes) des arcanes la pensée chinoise.
www.amazon.fr/Yi-king-Fra...

Samedi 8 Aout 2009, 16:37 GMT+2 | Retour au début

Pferrand dit

«Toute volonté délibérée de produire une influence ne ferait que détruire cette influence». Belle citation, en effet ! Et merci pour le lien.

Lundi 10 Aout 2009, 18:04 GMT+2 | Retour au début