L'affaire Polanski : cul-de-sac.

On peut l’aborder selon différents points de vue : l’affaire Polanski (ou plutôt : sa réactivation après de longues années de mise en veilleuse) apparaît comme un révélateur, le miroir de notre société ainsi qu’en témoignent les prises de position et le tollé soulevé par cette arrestation.
Beaucoup de buzz médiatique autour de pas grand chose ? Pas si simple...
L’œuvre et la vie
Fallait-il pour autant solliciter les grandes pompes, désavouer le cliché de la fameuse discrétion helvétique, et coffrer le metteur en scène, à sa descente d’avion, alors qu’il venait assister au festival de Zurich où quelques heures plus tard un prix pour l’ensemble de son œuvre aurait dû lui être remis ?
Bonne pêche policière, en tout cas : le procédé aura rameuté une partie de l’opinion internationale, contribuant au passage à véhiculer encore un peu plus l’image d’une Suisse formaliste et un brin désemparée. Laquelle n’hésite pas à prendre, symboliquement, la culture en otage !
Wanted and desired
Sans doute une des clés de toute l’histoire se trouve-t-elle dans le documentaire Wanted and desired que Marina Zenovich a consacré à la vie de Polanski.
Sans vouloir minimiser la gravité des faits, reste que tout désignait Polanski comme le coupable à abattre...
De la culpabilité et de l'innocence
Après l’assassinat de Sharon Tate par Charles Manson et sa clique, Polanski s’est trouvé dans la position de la victime qui doit prouver son innocence. Sa femme, enceinte de huit mois, vient d’être sauvagement assassinée : à cette douleur immense s'ajoute la rumeur, l’odieuse rumeur, qui répand le soupçon délétère d’une complicité possible de Polanski avec les assassins de sa femme.
Aujourd’hui, même si sa victime de 1977, Samantha Geimer, a déposé en janvier 2009 une requête pour que les poursuites contre Polanski soient abandonnées, ce dernier se retrouve dans la position du coupable qui doit prouver que, trente-deux ans plus tard, il n’a pas cessé d’être coupable.
Restons un peu dans cette logique absurde avec quelques images de l’un de ses films au titre emblématique, Cul-de-Sac.
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Mauss dit | A t'on évoqué en Suisse la possibilité d'une sorte de "compensation" faite aux USA pour l'histoire UBS ? |
L'Esthétique est éthique? | |
Olif dit | Sharon Stone assassinée par Charles Manson, c'est probablement par instinct basique? Je me tate! |
Alfredo dit | Pour les lecteurs intéressés par les aspects légaux de cette affaire et notamment des précisions concernant la notion de prescription, le blog de Maître Eolas a apporté quelques développements sur ces sujets. C'est ici : |
Jacques Perrin répond | Bien vu ! Une Sharon peut en cacher une autre... |
M A N U dit | A lire, ce commentaire de Buisson sur le blog d'Yves Paccalet. |
Carle dit | Je peux témoigner que Roman Polanski n'est pas un violeur de "petite fille." |
Christian Rausis dit | "Mesdames messieurs les jurés, l’accusé reconnaît avoir enivré au champagne, donné des barbituriques, et avoir, malgré ses refus répétés, pénétré par la bouche, le sexe et l’anus cette personne. |
Carle dit | Je n'y étais pas et vous non plus. Si ces faits sont avérés, alors RP doit être condamné. Point. Au regard de mon expérience,( puisque par rapport à beaucoup, j'ai des faits tangibles sur lesquels m'appuyer et non provenant d'une opinion), je m'interroge sur la véracité de ce qu'avance cette femme aujourd'hui encore. Elle maintien les faits mais ne veut plus en parler! Moi, si on m'avait fait ça, à 13 ou à 17 je pense qu'encore aujourd'hui je souhaiterais avec rage que justice soit faite à la petite fille que j'étais. |
Z dit | |
Yves dit | "Malheureusement, ils ne le sont pas aux Etats-Unis et, dans le cadre du traité d’extradition entre la Suisse et les Etats-Unis, ce sont malheureusement les règles de l’Etat requérant qui s’appliquent. D’où l'arrestation de Polanski." |
Rausis Christian dit | "J'ai appris à mes dépends, mais aussi et surtout aux dépends de celle à qui j'ai fait tant de mal, qu'une gamine de 13 ans ne peut en aucun cas donner son consentement pour une relation sexuelle avec un adulte. Je le répète, il est impossible qu'elle donne son consentement, y compris lorsqu'elle est explicitement demandeuse, c'est vous dire combien certains font fausse route et pourquoi je fus très justement condamné pour viol." |
Jury Populaire dit | Distinguer le droit de la morale, la prescription de la dette perpetuelle; la fonction de juge semble inhumaine. |
Jacques Perrin répond | Le poète vous salue M. Yves et vous informe que les propos concernant la prescription et le traité d'extradition sont la synthèse de ceux d'un célèbre avocat pénaliste. Dormez tranquille et n'oubliez jamais qu'"un rêve sans étoiles est un rêve oublié." (Eluard) |
Jacques Perrin répond | Et ça continue ! Mardi un très bon article dans Le Temps signé par Luc Debraine www.letemps.ch/Page/Uuid/... |
Alfredo dit | Bernard Bertossa: «La loi pour Polanski aussi» : |
Jacques Perrin répond | Décidément, ce qu'il est convenu d'appeler l'"affaire Polanski" est un étrange miroir. En France, les chacals aiguisent leurs dagues contre l'infortuné F. Mitterrand, ça sent la curée... |
Jury Populaire dit | J'ajoute que le pardon ne se confond pas avec la prescription et qu'il constitue une forme de dette perpetuelle. |




























