Envoyé pas très spécial : le vin est-il toujours un produit naturel ?
La présentation avait pourtant de quoi attiser la curiosité (quoique le rousseausime du titre...)

Des exemples ?
La séquence cave coopérative : l’usine à vins et ses fameux additifs. Et qu’est-ce que vous rajoutez pour plaire au goût du consommateur ? On retient sa respiration.
Le laboratoire expérimental : nous sommes dans le Beaujolais On nous présente un laboratoire. Qu'y fait-on, sous la houlette d'un directeur ripoliné et vaguement heureux d'être filmé. On chaptalise à tout va et on étudie de nouvelles souches de levures, parce que le consommateur en a marre du fameux goût de banane...
Au passage, on nous gratifie d’une image quasi subliminale : une mise en parallèle, sous la forme de deux plans rapprochés, entre les vrais produits industriels (qui disent toute la vérité sur leur étiquette) et les produits industriels cryptés – les vins – qui cachent beaucoup de choses…
Chapitre soufre : celui-là, on ne pouvait pas le manquer ! Le soufre meurtrier, le diable aux pieds fourchus et à l'haleine méphitique. Il est là. Il donne des allergies, des maux de têtes, trouble les asmatiques, dénature enfin le goût du vin. On nous montre un doseur d'anydride sulfureux. Gros plan sur une tête de mort...
A ce moment précis, vous commencez à avoir la gorge sèche ; vous avez une sensation de soif étrange; vous hésitez peut-être entre un verre d’eau et autre chose...
Selon la formule consacrée : Retour dans le Beaujolais. Avec une enquête bien saignante, façon grosses ficelles, révélations fracassantes et caméra cachée (ça fait plus vrai).
On assiste au procès des fraudeurs du Beaujolais et de leurs interlopes pourvoyeurs. Gros plan sur le roublard de service et son avocat, encore plus malin que lui...
Les avocats, bien sûr, qui régalent misérablement (dans des gobelets en plastique) les journalistes au sortir de l’audience.
Séquence Salon de l’agriculture. C’est la seule vraiment désopilante du reportage. Avec cet arrêt obligé sur le stand de l’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP), son fameux parcours sensoriel et son directeur sorti tout droit d’un plan quinquennal revu par le camarade Stakhanov.
Chapitre pesticides on y reste : la viticulture, grosse consommatrice (c’est un fait) en prend pour son grade. Notamment, la Champagne. Analyses et cancérologue à l’appui.
Toujours la Champagne : on nous fait le coup du jeune vigneron dont les yeux se sont dessillés.
J’adore les Bourguignon. J’ai publié dans Vinifera une interview de Claude qui demeure d’actualité. Pourtant, à les voir ainsi, crapahutant parmi ce qu'on nous présentait comme un champ de ruines, privés quasiment de discours, réduits au rôle de témoins d’une catastrophe, d’un Tchernobyl viticole, je ne peux m’empêcher de penser à un détournement de sens et une manipulation d'image.
Roussillon : le vigneron balèze qui a failli mourir à cause des pesticides et qui continue d’utiliser, à son corps défendant, les produits qui ont gravement compromis sa santé.
Un petit coin de bleu dans ce ciel gris : la cave coopérative dont il fait partie acceptera, après le reportage, qu’il passe en bio.
Cherchez l’oseille à Sancerre : un papy fatigué, au pas incertain, somnambulique, déambule dans les vignes, du côté de Sancerre, raconte sa conversion. Toute sa vie, il a vendu des pesticides ; il a cru en eux ! Aujourd’hui il sait… "C'est le goût de l'oseille, tout ça, et rien d'autre" affirme-t-il, lucide.
Je suis retourné à mon verre d’exquis Grignolino que j’ai savouré lentement avec des pâtes au potimarron et au safran. Demain, j'arrête de regarder la TV.
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Capsule Couronne dit | On pourrait vous reprocher de lire trop vite, de lire avant la lettre, quoi! |
Mauss dit | Je vais bien pouvoir envoyer ce commentaire frappé au seing du bon sens à France 2. Ils doivent avoir un site pour ça, non ? |
Bruno dit | J'espère que Nicolas va bien ce matin, avec tous ces Beaujolais trafiqués qu'il a tasté hier (LOL) |
Nicolas Herbin dit | Je n'ai pas encore vu le reportage mais force est de constater que l'on a goûté de très belles, voire grandes bouteilles beaujolaises hier soir. Un compte rendu suivra. Nous avons même vu des âmes sensibles touchées par la beauté et l'esprit de certains incunables, immortels... |
Mauss dit | Et le film sur Chaballier, son combat contre l'alcoolisme : vite relire le texte de Patrick Besson qu'il avait publié dans Le Point à la sortie du livre. |
Nicolas Herbin dit | ABM (aka AMDC) parfait, discret, humble, a passé je crois un bon moment et pris qqes photos. Un lion calme. |
Pascal Henry dit | Je n'ai aucune considération pour la corporation journalistique,surtout dans l'époque actuelle.Bien sûr,à la marge on trouvera toujours des professionnels consciencieux au talent reconnu,mais pour la plupart... |
Alexandre C dit | J'ai participé entant que vigneron à ce reportage ... |
Jacques Perrin répond | Merci Alexandre pour ce témoignage... En clair, vous reconnaissez avoir été "manipulés": les images et les propos retenus au montage visaient uniquement à accréditer un scénario écrit d'avance par les enquêteurs ? Je m'étonne que Claude Bourguignon, d'ordinaire si brillant dans ses interventions, n'ait quasiment pas eu droit à la parole... |
Pascal , je suis désolé, mais des journalistes consciencieux, il y en a et un peu plus qu'à la marge (ceux qui ont obtenu le prix Albert Londres par exemple, mais pas que ceux là), mais ils se trouvent surtout dans la presse écrite (pas dans tous les journaux, il est vrai), mais probablement pas à la télévision où tout est d'abord spectacle et où là pour le coup c'est l'information est à la marge. | |
Robert Gent. dit | Pour faire de l’audimat, il faut du scandale ! Peu importe les bienfaits du vin sur la santé si bien décrits par le professeur CABROL. Il saute au yeux que le puissant lobby des boissons du tout chimique de la famille des « Coca » aient initié ou aidé à faire réaliser une émission pour qualifier le vin de boisson chimique. Avec ces méthodes lamentables ou des journalistes ne veulent pas publier ce qu’ils découvrent mais ce qu’ils ont programmé à l’avance, Alexandre C. dit bien comment il s’est fait piéger. Au montage, les journalistes ont supprimé tout ce qu’il y avait de positif dans les textes et images pour ne retenir que le négatif qu’ils voulaient en donner. Le réalisateur devrait aussi faire mieux répéter la restauratrice dégustant chez Pierre Frick, car il paraît évident qu’elle connaît bien le verre qu’elle doit trouver le meilleur. En résumé, tout cela est pitoyable et massacre notre viticulture qui reste un patrimoine de nos paysages, de notre culture, de notre santé. |
Roméro Frédéric dit | Bonjour Jacques!! |
Vickie Ricoeur dit | Celui qui tache encore www.youtube.com/watch?v=F... |
Jacques Perrin répond | Bonjour Frédéric ! Comment ça se passe du côté de Rasteau. Je comprends que l'honneur de beaucoup de valeureux vignerons ait pu être blessé par cette mascarade que l'on pu voir hier soir... Cet "Envoyé spécial" – je ne peux pas juger des autres car je ne regarde pas la TV – restera dans les annales comme le modèle de tout ce qu'il ne faut pas faire : parti pris, montage et amalgames douteux, absence de rigueur dans le traitement du sujet et dans le commentaire. A montrer dans toutes les écoles de journalisme au chapitre "De la déontologie". Tous les vrais viticulteurs de France qui font de la qualité (et Dieu sait qu'il y en a) devraient protester, quelle que soit leur "chapelle" (bio, biodynamie, production intégrée, etc), car une telle émission ne vise pas uniquement à stigmatiser les "mauvais" et le procès industriel de production de vin mais jette sournoisement l'opprobe sur l'ensemble de la filière vin. A croire que les journalistes ont été instrumentalisés par les instances que l'on connaît. |
Roméro Frédéric dit | Nous sommes très content de la récolte,cela promet des vins sympathiques! |
Bettane dit | Encore une fois de l'information spectacle et évidemment désinformante, des journalistes idéologues et ne connaissant strictement rien au sujet, des experts manipulés au montage ou par l'image dans un sens comme dans l'autre, façon Nossiter,mais sans son talent, des confusions scientifiques permanentes (amalgames entre cancers et allergies : faut il interdire les fraises ou le homard pour la même raison ou condamner le bon dieu pour frustrer une partie de l'humanité?)Les analyses montrant la présence de pesticides (réèlle évidemment, ce qui est regrettable) ne sont pas vraiment questionnées : quels vins choisis, quelle représentativité en pourcentage, quels taux en dehors du taux maximum abondamment commenté mais dont on sait qu'il n'est dangereux qu'à la marge et par accumulation (le vin est accusé de tout ce dont il n'est pas responsable!), amalgame permanent entre la dangerosité d'une molecule en milieu aqueux et en milieu alcoolique (les biologistes apprécieront), de la sentimentalité, du drame, de la mise en scène et voilà comme on traite un sujet sérieux et capital comme tout ce qui touche à la santé publique! J'oubliais : les 5 fruits et légumes que les mêmes hygiénistes nous invitent à consommer à la place du vin sont-ils moins dangereux et cancérigènes, crus avec ou sans peau ou cuits? |
Alexandre C dit | Cher Jacques, |
Claude Duffour dit | Oui, oui, d'accord, mais n'y at'il pas encore trop de vins "additivés" |
Nicolas Herbin dit | Claude Duffour a écrit : "Mais, je pense malgé tout que les "trafiquants" sont encore trop nombreux et les reportages comme celui d'envoyé spécial sont salutaires !" |
1ppy dit | Essayons de faire dans la nuance: |
Bettane dit | Le seul problème est donc la présence de pesticides et de traces de métaux lourds. Encore faut il le sérier : quelles molécules, quel danger et à quelle dose, molécule par molécule, quelle origine,quelle proportion dans une consommation régulière et modérée par rapport à l'ensemble de l'agro alimentaire actuel? Ensuite quel remède? Faut-il bannir tout espoir d'utiliser le génie génétique? Les vins sans protection ne contiennent ils pas aussi des molécules potentiellement dangereuses (type amine biogène comme putrétiscine ou cadaverine?) etc....Ne pas oublier qu'une viticulture propre que nous souhaitons tous (je me bats depuis trente ans pour la chose)doit aussi ne pas ruiner le viticulteur en lui faisant perdre tout ou partie de ses récoltes. |
Laurentg dit | On voit bien ici le caractère stérile des réflexions compartimentées, partisanes; la nécessité de pensées et d'actions d'un niveau global. |
Claude Duffour dit | Allez, soyons sérieux ! Lâchons nous.... : France, ton terroir fout le camp et ce en grande partie à cause des vignerons additiveurs. |
Nicolas Herbin dit | Pitoyable argumentaire. |
Le Mariage De La Carpe Et Du Lapin dit | 1ppy, faut-il ici invoquer Clausewitz ? |
Henri Milan dit | J'aime bien ce galimatia de 19:49 GMT+2, et son multiple de "que" |
Claude, je penses que vous tombez dans le panneau de "l'information" à la télévision. Ce "reportage" c'est comme tout ce qui se fait à la télévision - en particulier sur les chaines dite "d'information": du populisme et n'a comme unique fonction que de faire du spectacle. Cela pourrait être sur la prostitution, l'insécurité dans les banlieues . Le sujet importe peu. Du moment que le sujet soit dans l'air du temps et assez croustillant pour faire de l'audience. Les jeux du cirque, en quelque sorte. On monte les faits divers en épingle, l'arbre qui va cacher la foret. Dans ce type d'émission où on dénonce au lieu d'expliquer, il s'agit d'être toujours là où il se passe quelque chose, et être bien sur du bon côté - des bons sentiments ou du politiquement correct, ne jamais s'engager sur le terrain du vrai débat, mais raisonner en termes de chiffres plus ou moins trafiqués, de slogans péremptoires et de comparaisons démagogiques. | |
Mauss dit | Bon : que faut-il faire sinon trouver un financement pour réaliser un autre reportage ? |
Bullshit dit | Et la corrida, alors ? |
Nicolas Herbin dit | Armand, tu parles d'or. |
Henri Milan dit | Nicolas Herbin, il n'y a ni "masses" ni "bonnes gens". Il y a toi, il y a moi. Chacun a besoin de distractions. La TV en offre. Personne n'est dupe. On n'a pas besoin de guide imaginaire. Celui qui "a failli donner sa vie pour la viticulture de France". Le bon vin demeure une boisson. Sans doute une des plus fines. Ainsi soit-il. |
Nicolas Herbin dit | Henri, tu crois vraiment qu'une émission qui passe aux heures de grande écoute/vision, sur le service public, et qui est connue et très regardée depuis de nombreuses années ne va pas être percutante sur le plus grand nombre d'entre "nous" ? |
Laurentg dit | L'avocat invitant les journalistes à déguster (en face du palais de justice)du "bon beaujolais" dans des verres en plastique (accompagné de quelques rondelles de sauciflard : d'où vient-il, lui ?) ... |
Nicolas Herbin dit | Ce qu'on peut avoir l'air tarte, quand on veut faire les malins devant des journalistes. Grotesque... |
Michel Grisard dit | Bonsoir, |
Michel Grisard dit | Jacques, |
Laurentg dit | Ce reportage adresse des thèmes importants. |
Mauss dit | Oui Grand Jacques : sois doux avec Vincent afin qu'on puisse aller enlever ces &@Á]¥‰± de fotes ! |
Henri Milan dit | Afin de lever une possible confusion, je ne suis pas M. Henri Milan, vigneron en provence, dont je ne connais pas les vins et avec lequel je n'ai d'ailleurs aucun lien. |
1ppy dit | Yves, je n'ai rien compris. |
Jp C dit | Tout a été dit au sujet de ce reportage. |
Remi Loisel dit | A mes yeux, le problème de genre d'émission est l'amalgame. |
Rouvin Fred dit | Bonjour chers épicuriens, |
Jean-louis Couchet dit | Bonjour, |
F. Mistral dit | Bonjour, |
Didier dit | Dès que des journalistes |





























