Les voyageurs du temps et de l'espace.
Condenser 15 milliards d’années dans le calendrier d’une seule année, voilà le défi relevé par Alfred Vidal-Madjar, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des planètes extrasolaires à l’Institut d’Astrophysique de Paris. L’occasion de vérifier la minceur de notre histoire, à nous les hommes, au milieu de l’univers.
Alors que peut-on prédire ? Si tout va bien…
La conclusion de sa conférence pourrait d’ailleurs ressembler à une boutade : »Mais où sont-ils ? Au Davos du Vin, à la Villa d’Este ! »


Ettore Majorana, né à Catane en 1906, après avoir fréquenté l’Institut de physique de Rome en tant qu’auditeur libre est très vite remarqué, par Fermi notamment, pour ses aptitudes exceptionnelles, ses intuitions fulgurantes, très largement en avance sur la physique de son temps. Majorana prédit notamment l'existence d’une troisième particule, à côté de l’électron et du proton, qui deviendra le neutron chez Fermi.
Bien plus, certaines de ses intuitions sont encore invérifiées, précise Etienne Klein : »Si Majorana a raison, c’est qu’il existe la double désintégration bêta avec émission de neutrinos… »
Edoardo Amaldi, collègue de Majorana : « Certains des problèmes traités par lui, les méthodes qu’il a suivies pour les traiter et, plus généralement, le choix des moyens mathématiques pour les affronter, montrent une tendance naturelle à devancer le temps qui dans certains cas a quelque chose de prophétique. »

De retour à Rome, après ces quelques mois passés auprès de Heisenberg, Majorana poursuit ses recherches. A l'écart, secret, inaccessible. Il prend des notes sur des bouts de papier, écrit ses équations sur ses paquets de cigarettes, qu’il jette ensuite. Détruit beaucoup. Publie rarement.
Le 25 mars 1938, Ettore Majorana est en partance pour Palerme avec le paquebot de 22h30. C’est le moment où nous perdons sa trace. Il disparaît à jamais.
« Majorana était croyant. Son drame était un drame religieux, nous dirions pascalien. Et qu’il ait anticipé le désarroi religieux auquel nous verrons arriver la science, si elle n’y est pas déjà arrivée, c’est la raison pour laquelle nous écrivons ces pages sur sa vie. » (L. Sciascia).
Enrico Fermi, lors d’un entretien avec Giuseppe Cocconi en 1938, après la disparition de Majorana.
Les livres
Alfred Vidal-Madjar, Où allons-nous vivre demain ?
Étienne Klein Il était sept fois la révolution, Albert Einstein et les autres, Coll. Champs-Flammarion, 2007.
Leonardo Sciascia, La disparition de Majorana, 1975
Cet article a été commenté 12 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Mauss dit | Merci Grand Jacques d'évoquer aussi bien ces deux conférences données à la Villa d'Este pour le Davos du Vin : j'y tenais beaucoup, comme à la prunelle de mes yeux, tant il me semble important de sortir de temps en temps de notre petit monde du vin, aussi sylmpathique soit-il. |
Laurentg dit | Intéressant ... |
Jacques Perrin répond | Idées nomades. Idées associées. Idées échangées, d’un thème à l’autre. C’est la loi secrète de Mille Plateaux. |
Laurentg dit | Beuys, l'ancien pilote de guerre, et son coyote (into the wild, en art radical). |
Jacques Perrin répond | Les lièvres ? Je tente de suivre leur trace depuis longtemps... Mais, les malins, ils auront toujours une longueur d'avance sur nous... |
Laurentg dit | Failli heurter 2 sangliers en rentrant chez moi ce soir, sur mon petit bout de chemin obscur. |
Laurentg dit | Enfin, les sangliers, voulais-je dire ... |
Laurentg dit | |
Jacques Perrin répond | Onirique, peut-être ? Ce "terroriste ailé" a engendré bien des nuits blanches et, à ce que me dit un ami qui travaille sur le projet, ça a été chaud, très chaud... |
Laurentg dit | Les accidents graves de notre société sont souvent l'enchaînement de causes anodines ... |
Laurentg dit | www.canalacademie.com/Jac... |
Laurentg dit | sciences.blogs.liberation... |




























