Vendredi 29 janvier 2010, château Mercier, Sierre. Une "tempête" de neige a commencé. Sur la colline de Pradegg, les flocons dansent, recouvrant peu à peu le paysage d’un manteau immémorial. Où sommes-nous ? En Patagonie ? Ou dans ce village perdu du Montana où Rick Bass situe l’action de Là où était la mer.
Château Mercier, Sierre, samedi 30 janvier.
C’est ici, à l’invitation de R.P. Antille, président de la Fondation du Château Mercier et directeur du festival Rilke, que j'ai le plaisir de présenter pour la première fois un multimedia imaginé autour de mon livre Dits du gisant. Le public est venu nombreux, malgré les conditions atmosphériques qui ont retenu quelques-uns dans leurs foyers.
Sur l’écran, les images, des mots, des sons, des voix défilent. Jim Morrison, sa fin prématurée en 1971 à Paris. La sublime Grace Slick sur scène, à Altamont, un funeste soir de décembre. Gilles Deleuze évoquant ce qu’est, selon lui, un véritable écrivain !
Rimbaud aussi… « Tu es reparti vers d’autres rivages, dans la fumée des steamers – foules bigarrées, ferveurs immenses sur les quais – dans le scandale et l’inconnu bruissant de vie. Tu as feint de t’absenter, mais tu es toujours là. Tu n’es pas mort. Tu as simplement franchi la distance qui te séparait de ton propre silence. » La comédienne Anne Salamin lit plusieurs extraits. Cette expérience de la lecture à haute voix est fascinante. J’écoute le texte comme s’il était devenu autre. J’entends sa musique comme une langue étrangère, un rythme nouveau. Je sais alors si ça fonctionne. Je suis content, ça groove bien !
Lecture de Dits du gisant par Anne Salamin.
Que dire d’un livre qui n’ait été dit dans le livre lui-même ? Raconter l’histoire ? Mais Dits du gisant, c’est déjà plusieurs histoires en parallèle, un contrepoint serré, un tissage, voix contre voix, chant contre chant. Je parle des vitesses d’écriture, ni temps fort, ni temps faible, mais des rythmes différents. C’est ce que je voulais faire, un livre musical.
J’ajoute enfin que ce livre a été écrit dans les marges, celle de la vie et d’autres livres. On me comprendra : il suffira d’entrer dans le récit.
La présentation s’est terminée avec l’intervention de l’un de mes « aristarques », mon premier lecteur, Etienne Joyeux, l’ami exigeant, qui propose ses éclairages subtils et sagaces. (Prochainement en ligne ici même, dans la revue de presse consacrée à cet ouvrage).
Quelques images de la soirée avec la voix magnifique de Lahsa De Sela qui nous a quitté le premier janvier dernier.
Puis vient le moment, passionnant, de l’échange, des dédicaces, avec les lectrices (majoritaires) et lecteurs ! Certains ont déjà lu le livre. D’autres pas. La flèche est lancée. Chacun en emportera quelques images dans la nuit ouatée. C’est un soir pas comme les autres. La neige continue de tomber. Et ce moment est particulièrement beau.