A serious man, vraiment ?
On retrouve ensuite des perspectives (apparemment) plus rassurantes, au son du lancinant Jefferson Airplane, que module la voix rauque et sublime de Grace Slick. Pour suivre la vie et les cours de Larry Gopnick, professeur de physique à Minneapolis. C’est lui le Serious man, l’homme appliqué, le vertueux, dont la vie se déroule comme un océan étale entre les pelouses tondues au cordeau et les équations sombres de la physique quantique. En yiddish, cette application à ressembler à son idéal de perfection porte un nom : un Mentsh, quelqu’un à qui l’on doit le respect.
Telles sont quelques-unes des apparences.
Mais une insidieuse désorganisation s’empare bientôt des conventions, un principe d’incertitude s’intercale entre les êtres, un lent et subtil dérèglement est à l’œuvre, ici aussi. Il suffit, parfois, d’être obligé de monter sur le toit de sa maison pour régler l’antenne de TV. On découvre de nouvelles longueurs d'onde. On s’aperçoit alors que la réalité est plus étrange qu’il n’y paraissait : un voisin hargneux qui ronge votre territoire ; et madame Samsky, la belle voisine, nue au soleil qui réveille une libido assoupie et fantasmatique.

Le chat de Schrödinger qui apparaît fugitivement au milieu d’une longue série de démonstrations quantiques semble être l’emblème discret de ce glissement du sens, de l’énigme à travers laquelle le prévisible et l’imprévisible s’allient pour brouiller les pistes : un étudiant en difficulté tente de soudoyer Larry Gopnick : refusant d’accepter ce pot de vin, ce dernier se trouve prisonnier d’un paradoxal chantage. Madame Gopnick (c’est fou comme elle ressemble à Grace Slick, en moins aimable...) demande le divorce pour convoler en justes noces avec l’obséquieux Sy Ableman (qui en mourra). Le fils Gopnick qui préfère les vols planants du Jefferson à ceux du bar-mitsva (on le comprend !) ; la fille Gopnick qui pense que le remodelage de son nez va changer sa vie ; le frère Gopnick, parasite social et semi-autiste polymorphe, bref : tout un monde insaisissable dont ni les intentions secrètes ni le destin ne se laissent enfermer dans le piège d’une équation !
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Starship dit | The first cut is the deepest, Rod Stewart would sing |
Mauss dit | Alors, Grand Jacques, il n'est que temps que tu visionnes - enfin - les autres Cohen, dont l'ineffable FARGO et l'incontournable O'BROTHERS. |
Laurentg dit | Pas le meilleur du duo selon moi ... |




























