Histoires de Valerie Solanas.



A cet instant, cette fille étrange entre dans l'histoire ; elle a un nom : « Appelle-moi comme tu voudras. Mon vrai nom, tu ne le sauras jamais. La théâtralité. La mise en scène. L’extermination. »
Celle qu’on emprisonne et qui séjournera ensuite à plusieurs reprises en établissement psychiatrique s’appelle Valerie Solanas. Sa trajectoire chaotique s’achève un soir d’avril 1988, au Bristol Hotel, un clandé sordide pour michetons. Seule, malade, anonyme.
Peu importe qui était la « vraie » Valerie Solanas historique, dont le nom signifie « oiseau des mers » : l’espace que se donne la fiction est celui du jeu, de l’invasion, des miroirs, des lignes de fuite, « une promesse d’absolument rien ».
Echapper à la tyrannie du personnage et la psychologie censée le définir, décrire plutôt à travers la figure de Solanas une époque (l’Amérique de McCarthy), les courants et les forces souterraines qui la traversent, c’est ce que réussit admirablement Sara Stridesberg. La Faculté des Rêves, son deuxième roman, est une réussite, par son approche, plurielle, centrée sur plusieurs perspectives (dialogues imaginaires, abécédaire, monologue intérieur) et par une écriture d’une étonnante maturité.
Cette intrusion de la fiction dans l’espace du réel est toujours fascinante Quand un véritable écrivain s’empare d’un sujet aussi fort, quand la fiction en faisant intrusion dans le « réel » porte, comme disait Deleuze, "la vie à l’état de puissance non personnelle", on se trouve alors face une œuvre vitale, nécessaire, bouleversante. C’est incontestablement le cas de La Faculté des Rêves de Sara Stridsberg !
VALERIE : Oui ?
LA NARRATRICE : Je n’arrive pas à ne pas penser à toi.
VALERIE : Il faut que tu penses à autre chose. Rentre chez toi et termine ton roman, là.
LA NARRATRICE : Il est à chier, le roman.
VALERIE : C’est bien. Va-t’en maintenant, bébé romancière. Tu vas voir, ce sera une belle journée dehors.
Le livre Sara Stridsberg, La Faculté des rêves, La Cosmopolite, Plon
Post scriptum : même démarche, même approche ? Sévère, le dernier livre de Régis Jauffret vient de sortir. Il est consacré à la fameuse affaire Stern. Je ne l’ai pas encore lu mais on ne peut s’empêcher d’établir un parallèle entre ces deux figures, Cécile B. et Valerie Solanas. Andy Wharhol n’avait pas revêtu de miroir-latex aux fantasmes ; il a survécu quelques années à cette tentative de meurtre. Pour le reste, il sera intéressant de croiser les lectures et d’observer la façon dont, s’emparant d’une figure, la littérature réussit à la porter à son point d’incandescence.
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Incognito Solo dit | Il me semble vous avoir connu. C etait il y a 12 años, un matin d ete au bord de la panamericana. Vous portiez des chaussettes fushia... valerie. |
Incognito Solo dit | Erreur... ca n etait pas vous... Valerie tout de meme. |




























