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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Dégustation Grand'Cour avec Jean-Pierre Pellegrin.

Lundi 15 Mars 2010, 14:50 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 4256 fois

Je devrais venir plus souvent ici, prendre le temps, musarder le long de ce coteau rieur. Idéalement, ll faudrait arriver ici à pied et, après la dégustation, s’attabler dans une petite auberge campagnarde du coin : les adresses ne doivent pas manquer, non ? Je compte d’ailleurs sur un certain LPV, qui croise dans les parages, pour me dresser, d’ici trois mois, un topo exhaustif de toutes les bonnes adresses du Mandement. 

Jean-Pierre Pellegrin, un talent qui n'a d'égal que sa véritable humilité devant la beauté et les mystères du vin.

 
Ici, c’est Peissy, donné en 912 au prieuré de Satigny. Le village de Peissy et ses imposantes bâtisses, dont certaines fondations remontent au Moyen Age, un village dont la taille demeure modeste : 28 feux en 1412, 18 en 1518 et, aujourd’hui, pas loin de 200 sans doute…

 
J’ai rendez-vous avec Jean-Pierre Pellegrin, chantre inspiré et modeste du domaine Grand’Cour. Il voudrait s’effacer derrière le nom de son domaine, Jean-Pierre, mais, c’est comme ça : on parle davantage des vins de Pellegrin que de ceux de Grand’Cour, même si, bien entendu, ce sont les mêmes.
 
Avant de commencer la dégustation, j’ai envie de jeter un coup d’œil sur la dernière création du domaine, la réfection d’une salle, à l’étage, juste au-dessus du chais à barriques et à amphores… Trois mois de travail à cinq personnes : la rénovation est magnifique, dans la continuité de la cave dont j’ai déjà vanté ici la vibration particulière : visiblement, le lieu est plein de bonnes ondes et je me réjouis de venir déguster ici, la prochaine fois.
 
 
En contrebas, un jeune homme traverse une vigne : c’est le fils du propriétaire de l’un des crus classés les plus célèbres du Médoc ; celui-ci a demandé à venir passer quelques mois à Grand’Cour comme stagiaire pour apprendre tous les principes et vertus essentielles du métier de (bon) vigneron. Sûr qu’avec la « tête chercheuse Pellegrin » il a frappé à la bonne porte !
 
Non, non, ce n’est pas un nouveau tic chez moi : out est bon ici mais voici les vins que j’ai particulièrement aimés :

Grand’ Cour blanc 2009
C’est un assemblage original de kerner (croisement de riesling et de trollinger), riesling et sauvignon : dans le registre « vin expressif », ce vin est une réussite. Très jolies notes d’agrumes, de cédrat, d’ananas, de fenouil sur un corps majestueux. On l’associerait volontiers à une quiche aux asperges et morilles, puisque la saison arrive…

Viognier 2009 superbe réussite, à l’instar de celle du Grand Clos. C’est un vin fastueux, très « baroque » dans sa texture avec des nuances de pêche rôtie et de fleur d’oranger et un boisé excellement intégré (en jouant sur l’élevage en fûts et en amphore).

Gamaret 2009 pris isolément, ce cépage m’ennuie profondément (en assemblage peut-être et encore…) mais je cite cette cuvée, pour la performance, car JPP a réussi là un vin tout à fait original. Vendanges début novembre, un tiers de raisins entiers et un élevage raffiné dans du Taransaud et du François haut de gamme. C’est sec, exubérant, équilibré, irrésistible dans ses bouffées de fruits noirs confits.

Cabernet 2009
Un assemblage très médocain avec un pourcentage presque égal de cabernet sauvignon et de franc ainsi que, à ma suggestion depuis 2008, un petit pourcentage de merlot. L’élevage va sans doute être poussé sur ce vin à deux tant la matière première est spectaculaire. A coup sûr ce vin sera une grande réussite. A suivre.

Le P’ 2009
Comme le précise JPP : « on a essayé de sortir tout ce que l’on pouvait de ces pinots. Il y a une parcelle de 30 ans qui entre pour la première fois dans l’assemblage. » Vinifié pour la moitié en vendanges entières, élevé, à la bourguignon (100 % fûts neufs de François Frères) ce pinot noir sera sans doute le meilleur produit à ce jour par Jean-Pierre Pellegrin. Attendons…
 
On pourra, en attendant, taster le P’2007 (qui devrait être disponible dans les six mois à venir) qui commence à se déguster merveilleusement avec ses notes de cerise noire, de réglisse, de sous-bois et sa texture généreuse.

Et voilà, le temps passe. Dehors la bise souffle avec une violence rare. Il est temps de reprendre la route : somme toute, je suis rassuré de n’être pas arrivé ici à pied, ce jour…
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Cet article a été commenté 13 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Oh, les belles amphores (Nomblot?), le rêve!!!

Lundi 15 Mars 2010, 15:49 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Exact Anne-Laurence. Ce sont des Nomblot AOC. Plusieurs viticulteurs helvétiques (Balisiers, Grand'Cour, Cornulus, etc.) les ont adoptées avec bonheur, notamment pour l'élevage des cépages blancs qui ont tendance à réduire et qui n'aiment pas trop le bois... En plus, selon certains, les belles amphores confèreraient de la minéralité au vin... Mais ceci est sujet à caution...

Lundi 15 Mars 2010, 17:13 GMT+2 | Retour au début

Merci de votre réponse. Je trouve ce contenant absolument génial pour l'élevage des vins blancs (n'étant pas une adepte du bois). Ca me donne envie de goûter les vins que vous citez d'ailleurs...

Lundi 15 Mars 2010, 18:52 GMT+2 | Retour au début

Anne-Laurence,

Et pour les rouges ?
Revenez plus souvent nous apporter vos connaissances (en oenologie notamment).

Lundi 15 Mars 2010, 20:34 GMT+2 | Retour au début

Le journal Le temps avait fait un article sur ces amphores l'an passé me semble t-il.

On en voit aussi dans la région des 2 lacs (Cru de l'Hôpital de Morat, Cave Châtenay-Bouvier).

laurentp

Lundi 15 Mars 2010, 21:42 GMT+2 | Retour au début

Armand dit
Jacques Perrin répond

By the way, l'amphore, c'est aussi ici (ah ! tout ce qui se perd dans le "flux" !) :

blog.cavesa.ch/index.php/...

Mardi 16 Mars 2010, 08:50 GMT+2 | Retour au début

Effectivement, tout est dit!
"En perfectionniste, J.P. Pellegrin élève le même vin en amphore et en fûts de chêne afin de pouvoir comparer les deux versions durant toute la phase d’évolution." Ca j'aime! Vous avez goûté?

Mardi 16 Mars 2010, 09:09 GMT+2 | Retour au début

C'est où Peissy ?

j'ai vu les mêmes amphores dans les caves de Christian Zündel a Beride (Tessin)

Mardi 16 Mars 2010, 13:27 GMT+2 | Retour au début

Jacques Perrin répond

Il faut toujours commencer par le commencement, le GPS : Peissy se trouve dans le Mandement, tout près de Satigny !

Mardi 16 Mars 2010, 13:38 GMT+2 | Retour au début

Pascal Henry dit

Le domaine Viret à Saint-Maurice dans la vallée du Rhône travaille également avec des amphores.

Mardi 16 Mars 2010, 16:14 GMT+2 | Retour au début

Pascal,

Viret et la cosmoculture.

Barmès-Buecher et son approche un poil ésotérique de l'architecture du chai(feng shui alsacien ?).

Mas des Tourelles (les recherches d'André Tchernia, spécialiste des amphores), dont j'ai récemment regoûtés les vins, lors d'une expo sur l'antiquité du vin à Lattes.

Mardi 16 Mars 2010, 17:49 GMT+2 | Retour au début

Lisa Patnode dit

I spent three weeks here as an exchange student in high school. How fabulous it is to see Jean-Pierre after all these years!

Mardi 17 Aout 2010, 22:26 GMT+2 | Retour au début