Verticale de Larcis-Ducasse (deuxième partie)
Alors, la modernité est-elle un fard, un artifice qui gomme le terroir ? Ou au contraire, un révélateur beaucoup plus précis de la grandeur d’un terroir ? Ne manquez pas video ci-après où Stéphane Derenoncourt explique son travail. Quoi qu’il en soit : « les vins de Larcis-Ducasse ne sentent pas, comme certains Saint-Emilion très extraits, le freinage de pneus de camion au mois d’août. » (copyright : Alain Dutournier, le fameux chef du Carré des Feuillants).


Larcis-Ducasse 1981 d’un « classicisme discret » comme le note Jean-Claude Berrouet, il arbore une belle robe grenat. Notes de réglisse, de fruits secs. Approche très « suave ». Très jolie entrée en bouche, avec un côté velouté. Dès le milieu de bouche, il se resserre et finit un peu ténu, sur la constriction.
Larcis-Ducasse 1982 merveilleux bouquet associant des notes épicées, minérales à des notes de cuir, de bouleau, de truffe. Entrée en bouche dense et fondante avec une trame autoritaire, serrée. Longue finale. Grande réussite qui mérite de figurer parmi les vins de référence du secteur !
Larcis-Ducasse 1985 nez intéressant, complexe sur des notes de fruits mûrs avec le caractère « crayeux » du terroir en filigrane. Belle entrée en bouche, on a un très beau volume à l’évolution ; tannin un tout petit peu ferme, saillant. Belle finale.
Larcis-Ducasse 1988 robe soutenue, très jeune. Superbe fraîcheur d’expression sur des notes fruitées et poivrées. Très peu évolué dans son profil aromatique. Bouche avec de la tonicité, très belle fraîcheur, il finit droit, précis. Un vin-collector dans le millésime : « impressionnant, c’est un vin d’avenir, on en rêve… » Alain Dutournier.
Larcis-Ducasse 1989 j’ai déjà eu le plaisir de le goûter à de nombreuses reprises. Il y a quinze ans, je lui avais prédit un avenir extraordinaire. Promesse tenue ? Oui ! Nez complexe, très fin, notes grillées, café, cacao, épices. Superbe velouté de texture, il est expansif, notes de tabac, réglisse, fruits noirs, long développement. Il offre encore davantage de noblesse et de rectitude d’expression que le 1982.
Jean-Paul Kauffmann : « cette chair fondante, cette volupté et en même temps, une légère raideur, une retenue. C’est ça que j’aime dans Larcis, je n’aime pas les vins qui se donnent d’une manière évidente. »
Stéphane Derenoncourt : « j’aime le contraste entre la suavité de l’attaque et la salinité de la finale ! »

Jean-Claude Berrouet : » Il est un peu éclaté et finit asséchant. »
Cinquième flight les années 90
Larcis-Ducasse 1995 notes de rancio au nez. Très joli velouté à nouveau en entrée. Evolution sur une chair évidente avec un cœur de bouche d’une bonne densité. Malheureusement il finit à nouveau un peu sec…
Larcis-Ducasse 1996 nez sur la réduction mais il offre une belle densité de bouche et s’achève sur un tannin au grain savoureux et une persistance significative.
Larcis-Ducasse 1997 nez pas très complexe, linéaire, mais avec de la fraîcheur et du fruit (fraise). On retrouve ce profil au palais, avec une agréable tonicité.
Larcis-Ducasse 1998 curieusement la robe paraît plus évoluée que celle du 1997. Nez en demi-teinte, pas très ouvert. Note florale, épicée. Belle entrée en bouche, charnu, superbe texture, le tannin est noble, très légèrement épicé. Il a du potentiel et il faudra le revoir dans quelques années.
Larcis-Ducasse 2000 belle robe jeune. Grande finesse d’expression au nez, notes de havane, de fruits rouges. Très jolie entrée en bouche, assez vive. On est sur un profil plutôt frais, élancé, très sapide, on finit sur le caillou. Très jolis tannins.
Ce vin partage un peu les dégustateurs, certains lui reprochant un « manque de puissance et une petite pointe de dureté. »
Larcis 2001 notes de havane, moins précis que le précédent, très joli cœur de bouche mais moins « pur » que le 2000...
Larcis-Ducasse 2002 millésime « historique » » dans l’histoire de la propriété puisque c’est le premier signé par Nicolas Thienpont, nouveau régisseur, et Stéphane Derenoncourt, nouveau consultant pour la vigne et la vignification. Robe grenat. Nez sur des notes légèrement mentholées. Notes légèrement fumées, épices. Belle bouche, équilibrée, sans verdeur, avec un agréable velouté. Il est noble, précis, d’une belle fraîcheur, assez dense.
Larcis-Ducasse 2003 belle profondeur aromatique, sans rien de trop confit, ni de trop lourd. Notes de mûre, cerise confite. Entrée en bouche opulente, superbe texture, généreuse, chair gourmande, il monte lentement en bouche, voluptueux, irrésistible. Superbement équilibré pour le millésime, même si le caractère solaire de ce dernier est bien présent !
Larcis-Ducasse 2004 robe très profonde. Grand nez, complexe, sur les fruits noirs, la violette, les épices. Boisé fastueux en passe de se fondre. Entrée en bouche dense, très belle trame, développement continu. Grande longueur. Magistral pour le millésime ! Finale sur les fruits noirs, le cacao, le zan. La propriété a sorti ce vin en Primeur pour 14 euros ! Tous ceux qui en ont en cave seront bienheureux dans quelques années !
Larcis-Ducasse 2005 encore une robe impressionnante. Exubérant, pur, formidable potentiel, il est encore très proche du fruit avec des notes épicées, réglissées et minérales très présentes. Entrée en bouche pulpeuse, beaucoup d’éclat, de la densité et de la finesse. Incroyable dimension séveuse sur la finale. Toujours aussi impressionnant. A garder précieusement en cave (voir video ci-jointe).
Larcis-Ducasse 2006 la couleur est moins soutenue que sur les précédents. Plus haut en tonalité, plus vif, élancé, il est équilibré mais un peu linéaire. J’aime toutefois beaucoup sa texture, noble, expansive et la précision de ses tannins.
Larcis-Ducasse 2007 on ne peut qu’admirer l’équilibre, la justesse d’extraction de ce vin, sa fraîcheur, même si on sent un peu le bois à ce stade mais la fusion est belle. Finale un peu souple.
Larcis-Ducasse 2008 robe profonde. Notes sur le cacao, les fruits noirs. Superbe densité. Trame serrée. Il est plus difficile à juger à ce stade (la mise en bouteilles vient d’être faite) mais son potentiel est plus qu’évident. Stéphane Derenoncourt lui trouve une similitude avec le 1998.
Jean-Claude Berrouet : « quand je commente le 2005, je fais un commentaire très élogieux mais je ne goûte pas du Larcis, alors qu’en 2008, je retrouve mes repères. »
Larcis 2009 (échantillon tiré au fût) il se regoûte superbement bien, pulpeux. Une vraie priorité d’achat (si vous en trouvez encore…)

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Mauss dit | Bel aéropage ! Merci pour ce rapport si complet qui restera dans les annales ! |
Cigogne dit | M. F. Mauss, vous avez, à ce qu'il semble, le profil tout indiqué d'un éditeur tout aérien. |
Mauss dit | I knew it ! |
Cigogne dit | S'il ne s'agissait que de grammaire ... |
Mauss dit | Consultation psycho gratuite ? |
Pascal Henry dit | D'autres auraient pu se contenter du :je préfère le vin d'ici à l'eau delà !! |
Cuzon dit | ALAIN DUTOURNIER ... ( L'INCROYABLE CUISINIER, le fameux chef du carré des feuillants...) |





























