Grands vins blancs de la Côte de Nuits.

Voici les vins dégustés afin de poursuivre la réflexion. Ce sont tous des chardonnay, sauf mention spécifique.
Série 1
Vin de Table L’Insolite "?" 2009 Domaine Marchand-Grillot : Issu d’un assemblage de pinots blanc et beurot cultivés dans les bas de Gevrey. 2009 est le premier millésime de ce vin de jeunes vignes. Couleur claire, petite note herbacée, bouche fluide, à la saveur acidulée, peut-être une malo bloquée pour garder du nerf. Une mise en bouche sympathique.
Bourgogne « Les Violettes » 2007 Domaine Bizot : Vieille sélection massale faite dans les Pucelles à Puligny, plantée ici en 1954 et 1964, située dans le secteur des Echézeaux, le long du mur méridional du Clos Vougeot. Robe légèrement dorée, nez richement boisé, contrastant avec une bouche droite à l’acidité citronnante, finissant toastée. Etonnant pour un simple Bourgogne, mais l’élevage pourrait être plus nuancé.
Série 2
Marsannay 2007 Bruno Clair : Vin difficile à goûter avec une réduction soufrée puissante. Attaque large, acidité haute, allonge correcte mais finale séchée. Les deux bouteilles étaient identiques. Comme l’a dit Jacky, ce n’était pas son soir.
Marsannay « Le Clos » MONOPOLE 2008 René Bouvier : Vigne de 60 ans située sur le village de Couchey. Terroir marneux, cultivé en blanc depuis fort longtemps. Assez richement boisé de prime abord, il développe une belle bouche ample, généreuse, à l’acidité fine, plutôt bien enrobée. La texture est graissée par le fût mais cela n’écrase pas l’expression. Bonne allonge, du style, un très joli vin !
Fixin 1er Cru « Clos de la Perrière » MONOPOLE 2006 Domaine Joliet : Depuis le XIIème siècle paraît-il, on fait du blanc dans la partie du clos où l’on trouve le plus de marnes calcaire, soit 0.5 ha. Boisé très fumé évoquant des notes de saurisserie, prélude à une bouche d’attaque large mais à la structure moyenne. L’élevage l’allonge et contribue à lui donner du relief, mais aussi un peu d’amer en finale. Un vin dans le style du millésime, un peu « poussé ».
Série 3
Côte-de-Nuits Villages « Clos des Langres » MONOPOLE 2008 Domaine d’Ardhuy : Propriété dès le XIème siècle du Chapitre de la Cathédrale de Langres, le Clos est cité en 1ère lignée par le Dr Lavalle en 1855, pour son rouge. Ici il s’agit d’une sélection de chardonnay surgreffé sur du pinot. Nez manquant légèrement de précision aromatique, fluidité mais franchise de goût, pas trop de bois, on peut lui reprocher une allonge limitée. Carel Voorhuis commence à peine à trouver ses marques sur ce vin, laissons-lui le temps.

Série 4
Nuits St-Georges 1er Cru « Clos de l’Arlot » MONOPOLE 2007 Domaine de l’Arlot : Vignoble de 4 ha créé à la fin du XVIIIème siècle, planté en rouge et blanc. Aujourd’hui propriété d’AXA, on y pratique les labours, la viticulture est bio, en phase de conversion biodynamique. Chardonnay 96%, Pinot beurot 4%. Passé un premier nez réduit, on découvre des notes d’amande et vanille, qui évoluent vers un côté fumé. Attaque suave, vin assez riche, texturé peut-être par le beurot et le fût, allonge fondante, un tout petit peu sèche encore, mais c’est joli. Une des plus belles bouteilles de la soirée.
Nuits St-Georges 1er Cru « La Perrière » 2007 Domaine Henri Gouges : Vigne plantée en « Pinot Gouges », qui est en fait un pinot noir ayant subi une mutation : dans les années 30, au domaine, un cep qui donnait des raisins rouges depuis sa plantation se mit soudain à produire des raisins blancs. Nez « difficile » avec un mercaptan fort et tenace. La saveur est touchée par les mêmes arômes, mais l’on peut tout de même apprécier l’ampleur et l'opulence du vin. Son aîné de dix ans, le 1997, m’avait laissé un plus grand souvenir.

Vougeot 1er Cru « Le Clos blanc de Vougeot » MONOPOLE 2007 Domaine de la Vougeraie : Culture en blanc très ancienne de ce climat situé face au Château du Clos de Vougeot, depuis les cisterciens, par et pour eux-mêmes. 95% Chardonnay, 4% Pinot Gris et 1% Pinot Blanc. Un vin travaillé, mais avec adresse : grillé et toasté, il possède une bonne tenue à l’air et évolue continuellement sur de belles nuances d’ananas frais. Consistance de la bouche, acidité saine, élevage luxueux mais qui ne prend pas le pas sur le vin, ce dernier restant dynamique, « claquant ». Une bouteille que les moines n’auraient pas reniée !

Morey St-Denis 1er Cru « En la Rue de Vergy » 2007 Bruno Clair : Située juste au dessus des Bonnes-Mares, la vigne est plantée directement sur la roche mère calcaire. Nez assez richement boisé (étonnant chez ce vigneron) et en même temps plutôt « serré », mutique. Bouche puissante, avec une acidité vive et tranchante. Bonne matière, pas de variétal, mais finalement peu d'expression à ce stade. Sans doute un vin à laisser vieillir.
Un grand merci à tous les vignerons et surtout à Jacky Rigaux, pour cette soirée conduite avec brio. Comme toujours !
Cet article a été commenté 13 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Laurentg dit | Bien aimé le Clos de l'Arlot blanc 2007 au domaine, et préféré un peu le 2008. |
Laurentg dit | J'aimerais bien déguster côté à côte ce superve vin qu'est le Clos de l'Arlot blanc, avec ce magnifique blanc - un peu à part - de la Côte de Beaune qu'est le Puligny Cailleret de de Montille. |
Mauss dit | Une exégèse des Pères de l'Eglise sur un blog zwingliste ! Original. |
Laurentg dit | Info domaine : |
Nicolas Herbin dit | François, |
Laurentg dit | Pour Dujac, j'ai retenu que son Monts Luisants était produit avec ce que tu appelles du "pinot noir dégénéré" et de l'aligoté. |
Oliv dit | Un lien passionnant sur l'histoire mouvementée de la parcelle de Monts Luisants au domaine Ponsot. |
Laurentg dit | Merci, Oliv ... |
Laurentg dit | Infos du domaine Dujac : Monts Luisants en pur chardonnay ! |
Nicolas Herbin dit | Sacré LaurentG... tu n'es pas à c'qu'on te dit, une fois de plus ! Tu as confondu avec le Monts Luisant de Ponsot, c'est bien ce que je pressentais... |
Nicolas Herbin dit | Probablement encore plus que ne l’aurait fait l’Aligoté ! Le mal était fait et pour l’accentuer, toujours dans un souci de rentabilité, on planta des vignes d’Aligoté sur des terres à jardin, en bas des villages, où de tout temps, ne poussaient que pommes de terre, betteraves ou carottes. Ce qui produisit un vin léger et si vif qu’on dû lui adjoindre des liqueurs de cassis ou de pêche pour le rendre buvable. L’Aligoté était devenu un cépage de second rang… dommage. Mais quelques vignerons décidèrent de conserver la tradition, fondée sur le bon sens, et replantèrent de l’Aligoté sur des terroirs nobles, notamment dans le Corton Charlemagne. Et mon ancêtre William Ponsot décida de reconstituer le Clos des Monts Luisants comme il était avant le phylloxera. En 1911 donc il replanta des ceps d’Aligoté, ceux-là même qui sont toujours en productions aujourd’hui. Au cours des années, mon Grand Père Hippolyte Ponsot essaya de planter un cépage très original, le « Pinot Gouges ». Il s’agit d’un pinot noir planté dans une vigne chez Gouges à Nuits St Georges, qui dans les années 30 subit une mutation. |
Nicolas Herbin dit | Un cep qui donnait des raisins rouges depuis sa plantation se mit soudain à produire des raisins blancs… Monsieur Gouges le reproduit par greffage, en planta une parcelle de ses Perrières, et en donna quelques plants à mon grand père qui les planta dans le Clos des Monts Luisants, en remplacement d’une vigne de Pinot noir, sous les Aligotés. Cela constituait environ 15% de la production. Nous avons gardé ces ceps jusqu’à la récolte 1992, pour les remplacer alors par du Pinot Noir. Mon père Jean-Marie Ponsot planta du Chardonnay dans les années 50 sur environ 20% de la surface de production, en plus des Aligotés d’origine. Ayant procédé pendant un dizaine d’année à des vinifications séparées des trois cépages, il est apparu évident que le seul apte à révéler le terroir était l’Aligoté. Le Chardonnay a donc été arraché définitivement après la récolte 2004. A partir de 2005, ce vin est produit uniquement avec de l’Aligoté, issu exclusivement des ceps de 1911. C’est donc le seul premier cru de Bourgogne autorisé à être produit à base de ce cépage Aligoté, étant donné que lors de son classement de 1935, les ceps étaient les mêmes que ceux d’aujourd’hui. |
Laurentg dit | Nicolas, |




























