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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Visions du Mont Viso ou la vraie vie de Patti Smith

Dimanche 25 Decembre 2011, 11:44 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 2091 fois
Enfin, la neige est apparue ! Il était temps ! C’est l’heure des vœux, des bilans, des nostalgies, des promesses, des aspirations à la légèreté, le silence de la trace. C’est l’heure de tout. Du don. Des listes. Des synthèses. Des lointains.
C’est l’heure aussi des questions. Celles qui ne se posent pas. Celles dont on n'a rien à kiffer: quel est votre parfum préféré ?  Votre plus beau souvenir de Noël ? 
 
C'est aussi l'heure d'une forme particulière de frénésie compilatoire. Celle des recensements obligatoires : les meilleurs disques/films/livres/bouteilles/repas de l’année !
 
Et aussi, avec les prophètes qui généralement le précédent et le commentent abondamment, on parlera du futur aussi. Qui commence souvent par le mot « fin » : l’euro, le printemps arabe, les illusions.
Le Mont Viso.
 
La neige est restée ! Le Mont Viso –  qui est au Piémont ce que le Fuji-Yama est au Japon –  a troqué son apparence latéritique d'hier pour une blancheur invisible.
Le hameau de Vergne, près de Barolo : dans une vigne à côté, la taille a déjà commencé. Un peu tôt, compte tenu de la douceur du temps.
Sur le fronton d’une petite chapelle, un peintre a rendu gloire à  celle qui « a recato Gioia a tutto il mondo ». Le vigneron m'observe en train de prendre des photos. Il vient vers moi. « C’est le Mont Viso, vous savez ! » me dit-il avec un sourire radieux.
 
Cave G.D. Vajra, Barolo : vitrail et cuve.
 
Je comprends l’engouement des Piémontais pour cette cime qui est comme un rêve de beauté. Je n’y suis pas insensible. La preuve : cette nouvelle en chantier, intitulée Dix visions de Mont Viso.
 
Serralunga d'Alba avec, cette fois-ci, le Mont Rose sur la ligne d'horizon.
 
En voici un extrait. Pour vous !
Vous qui m’avez accompagné sur ces plateaux, qui m’avez fait l’amitié de vos visites, de votre lecture, de vos partages. Vous, lectrices et lecteurs fidèles, qui revenez régulièrement ici, même quand mes posts se font plus rares.
 
A propos, le livre annoncé ici au début de cette année paraîtra au printemps. Son titre ? Où vont rêver les loups.
 
Voici également quelques images glanées lors d’une journée d’exception au cœur du Piémont, il y a quelques jours.
 
Joyeuses fêtes à toutes et à tous !      


Dix Visions du Mont Viso ou la vraie vie de Patti Smith

01

Dans l’obscurité qui affleure, efface par instants les visages, la route ondoie, relie des points imaginaires, creuse des distances.
Ce qu’on voit encore, qui nous retient au bord de la nuit, c’est le Mont Viso. Seul, gigantesque, il se détache, dans le lointain, avec ses arêtes crénelées, sa première blancheur.
– Dès que possible veuillez faire demi-tour !
La voix insiste, détache chaque syllabe d’une façon mécanique sur le curseur invisible. Je la connais par cœur cette route. Je l’ai parcourue de nombreuses fois. Je vérifie pourtant l’orientation. Nous venons de quitter Albaretto della Torre. Cap sur Grinzane Cavour. La direction est parfaitement adéquate. Aucun doute là-dessus.

Depuis ce matin, Unknown Caller, une chanson de U2, passe en boucle… Patti est fan de Bono, prêchi-prêcheur converti au rock planétaire, et sa clique d’Irlandais bêcheurs. La guitare de The Edge cisèle ses arpèges au laser ; puis il passe en mode saturation, bourdon grave, inutilement redondant. Drame souligné. Quelque part, entre minuit et l’aube, quelqu’un s’est perdu. Il va y avoir un accident, c’est sûr. Si je comprends bien les paroles, le type doit se reprogrammer, ou une action similaire, shush now, quitter ses illusions.
Minute 4.23: les grandes orgues entrent scène, les synthétiseurs, véritable glu sonore d’où l’on peine à s’extirper.
Et dire qu’à dix secondes près, j’aurais peut-être eu droit à John Cage et à sa théorie du silence.
On ne sait jamais avec elle, si éclectique…
 
Sur la partie supérieure du Mont Viso, de grandes vagues s'abîment dans un pan de ciel bleuté, d’une incroyable transparence. Comme si la montagne s’était soudain dédoublée, produisant sa propre lumière, un halo se découpe à son aplomb, vaisseau merveilleux en train de disparaître. Y a-t-il vraiment de la glace, là-haut ?

Elisée Reclus, géographe : « le Viso est vierge de pas humains et le restera probablement jusqu’à ce l’aéronaute puisse diriger son ballon et débarquer sur toutes les cimes inaccessibles. »

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Mauss dit

Ecriture magique de l'intemporel !

Porte toi bien, Grand Jacques et continue à nous faire rêver !

Lundi 26 Decembre 2011, 09:05 GMT+2 | Retour au début

Meilleurs voeux, Jacques !

J'ai habité pendant 20 ans, dans ma jeunesse, la rue Elisée Reclus.

Jeudi 29 Decembre 2011, 10:24 GMT+2 | Retour au début

Robert Johnson dit

Pour illustrer la sortie du livre, ce petit texte d'un jeune poète des grands espaces:

LOOKING FOR THE LIGHT
if the coyotes
don't find you
I will

Bonne année !

Jeudi 29 Decembre 2011, 10:36 GMT+2 | Retour au début