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Jacques Perrin

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Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Station Spatiale Internationale, la paix des étoiles.

Mercredi 8 Aout 2012, 11:04 GMT+2Par Jacques PerrinCet article a été lu 988 fois
Des serres, des incubateurs, des boîtes à gants, des bras géants articulés, des racks, des palettes, des SpaceDrums, des systèmes de support de vie, des écrans, des gyroscopes, des cadrans stellaires, des distillateurs d’urine, une collection de poissons zèbres, des capteurs, des sondes à foison, des pièges à bosons, des ports d’amarrage radiaux, une poutre géante de 100 m de long parcourue de cellules photovoltaïques en tutu et ballerines, un état permanent d’impesanteur, proche d’une forme de grâce peut-être, mais désenchantée...

...des tapis roulants pour passer le temps, des désirs flous, des bivouacs accrochés aux parois du vaisseau, sous le feu croisé des rayons cosmiques, un équipage aux frontières de l’abstraction du mot équipe, des systèmes immunitaires dépressifs, des modules emboîtés, un secteur russe, un américain, entre les deux, un nœud appelé Unity, une Babel excentrée, une nouvelle définition de la durée et de l’instant, des jours qui durent presque une centaine de minutes, seize aubes et seize couchers de soleil chaque 24 heures, un temps désuni, pareil à un long filament lové sur lui-même, le battement lointain de six cœurs immensément nostalgiques, une vitesse de croisière de 27 700 km/heure, des images, des strates d'espace-temps, des clairs de terre, des orbes scintillantes dans la nuit lactée, des milliards engloutis, des mondes perdus, des aurores orbitales, des plats lyophilisés, de l’eau au goût de rien– ce pourrait être du Chambertin, tout le monde n’y verrait que du silence !
Telle est la vie tous les jours dans les modules Zvezda, Zarya, Destiny, Harmony et Tranquility de la Station Spatiale Internationale.
 
Grande comme deux terrains de foot, celle-ci passe quinze fois par jour sur la voûte de notre antique planète de 4.5 milliards d’années. Parfois, nous pouvons l’apercevoir distinctement, filant son train d’enfer au-dessus de nos têtes naïves, sans trace, avec comme seule perspective sa désorbitation programmée.

Ce soir, vous avez peut-être rendez-vous avec elle. Qui fut le rêve de liberté d’un président américain empêtré la guerre des étoiles. Pour le savoir, c’est ici
 
« En général, l’homme de science contemporain est un homme très gai. On ne comprend pas pourquoi. Il n’a aucun motif de l’être. Tout ce qu’il connaît, manipule, transmet, provoque et produit est énormément déprimant ; lorsqu’on a pris connaissance des résultats de ses recherches, on a besoin de distractions, on voudrait une femme, un film, tout de suite…"
 
Guido Ceronetti, Ce n'est pas l'homme qui boit le thé mais le thé qui boit l'homme
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Mauss dit

… et "Curiosity" sur Mars !

Ce besoin ardent de l'homme de savoir s'il est seul ou non dans cet univers qui s'enfuit.

Voilà de quoi rappeler tes copains Spinoza, Hegel, Descartes, Aristote, Pascal et autres !

Mercredi 8 Aout 2012, 18:11 GMT+2 | Retour au début