Les choses ainsi règnent sur nous par leurs minuscules brisures du temps...
Proposée le 21 Sep 2010 par Jacques Perrin
Quelque chose reste pourtant, à vif, caché à l'intérieur des choses comme un minuscule repli qui contiendrait la voix, le salé, le mordant, l'apparence, la lumière, tout, un repli déchiré au hasard d'une musique, d'un mouvement du corps, de quelques pas dans une nuit d'insomnie. Les choses règnent ainsi sur nous par leurs minuscules brisures du temps. Cette effraction qu'elles opèrent sans savoir dans le détour d'une anse, d'un galet, d'une heure vide, là où il n'y a rien justement, juste l'ennui, l'oubli.
Anne Dufourmantelle, En cas d'amour.
L'Etat de grâce.
Proposée le 18 Aou 2010 par Jacques Perrin
Tu peux toujours le chercher, tu ne le trouveras pas. Tu peux l’attendre, l’espérer, il ne te tombera jamais dessus. Y a toujours un petit truc qui va l’empêcher, toujours un gravillon qui va faire que ça grince par là, que ça coince par-ci. Faut toujours que la vie compense pour t’éviter de te mettre en lévitation. Des exemples, j’en ai plein.
David Thomas, la Patience des buffles sous la pluie.
Le vertige de l'esthète...
Proposée le 25 Mai 2010 par Caliopee
L'esthète valorise l'instant parce qu'il craint de s'attacher au réel. Il est en perpétuel exil de lui-même, mais la séduction le conforte dans ce moi qui n'est que pur possible. Le narcissisme esthétisant de notre société semble à plusieurs égards très proche de ce vertige de l'esthète pris dans la répétition mimétique du pur possible.
Anne Dufourmantelle, En cas d'amour