A la fin des années cinquante, Roland Barthes a publié un livre dérangeant, nécessaire et novateur, Mythologies, qui décodait les signes d’une époque – celle de la France d’après-guerre – laquelle hésitait encore entre l’héritage de la tradition et les soubresauts de la modernité dans laquelle la toute nouvelle « société de consommation » était en train de la faire entrer.
Cinquante-trois chroniques en tout, petites merveilles d’intelligence, qui donnaient à lire les frémissements de ces années-là : ses attentes, ses non-dits, ses contradictions, ses fantasmes.
Tour à tour, les Martiens, les détergents (Omo, Persil), le vin, le bifteck-frites, le tour de France comme épopée, la nouvelle Citroën DS, le catch, l’astrologie ou, encore, le triste M. Poujade accédaient ainsi tout à coup au rang de phénomènes culturels et sémiologiques.
Des signes, il continue de s’en produire. A foison. Barthes y voyait même l’étrange schizophrénie d’un Occident qui ne cessait de fabriquer des signes et les refusait en même temps…
« Toutes celles qui portent la frange à la Kate Moss
Ca m'éneeeeerve… »
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