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Jacques Perrin

Le Blog de Jacques perrin

Il n'y a pas d'autobiographie : la vie ne s'écrit pas. Elle se vit. Ecrire la vie, c'est la revivre autrement, selon d'autres perspectives. Destins croisés. Rencontres. Instantanés. Territoires du goût. Archipels à explorer.

Asa, princesse du soul.

Dimanche 25 Novembre 2007, 11:55 GMT+2par Jacques Perrin
Un soir, en voiture. Cette voix, à la radio, un peu rauque, profonde, qui vous retient.  Ce chant qui monte, vous étreint, tisse des réseaux dans la nuit. Vous êtes arrivé à destination ; le chant continue. Vous demeurez dans cette écoute. Jusqu’à la fin du morceau…
Cette voix, c’est Asa (prononcez : Asha), qui vient de sortir son premier album. Un peu garçon manqué, un peu princesse du soul, Asa, née à Paris, a grandi à Lagos, mégapole fiévreuse, ville des confluences, des rencontres. Elle y puise son inspiration, écoute en boucle Marvin Gaye, Fela Kuti, Bob Marley, Aretha Franklin, Sunny Ade, Ebenezer Obey, Lagbaja. Ecoutez-la attentivement. Elle a un côté Tracy Chapman. Elle est encore très jeune, Asa, elle a cette grâce des commencements, au moment où le talent devient don ; cette chrysalide risque de nous éblouir longtemps !

Bon, je voudrais évoquer ici l’événement rock de la rentrée The Complete Led Zeppelin qui vient de sortir, 165 perles remastérisées, les 13 albums alignés sous les riffs rageurs de Jimmy Page, torturés, malaxés par la frappe implacable de Bonzo, transpercés par les trilles de puma de Robert Plant, l’intégrale de ce monument incandescent. Le plus grand groupe de rock ?  Oui, définitivement ! On en reparle bientôt.
 
Allez, on se fait un petit plaisir, une version bien rageuse de Moby Dick du Led Zeppelin avec, pour nous introduire aux rythmes de la terre africaine, un des fameux solos de John Henry Bonham (dit "Bonzo"). Aussi mémorable que celui de Ron Bushy dans In-A-Gadda-Da-Vida !

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En lisant, en cuisinant...

Samedi 17 Novembre 2007, 22:07 GMT+2par Jacques Perrin
La dégustation de la Villa d’Este fait un léger raffut dans les chaumières, un soupçon de buzz sur la toile mais ce n’est qu’un début… Tant mieux. Pour les valeureux vignerons suisses d’abord qui, à l’heure où tant de gloires superficielles et, disons-le, parfois factices, s’agitent, girouettes dans le vent de l’histoire, entr’aperçoivent un fragment de la lumière d'une exoplanète au nom de code pourtant connu, «reconnaissance internationale». En tout cas, voilà qui va faire sans doute beaucoup plus pour la promotion des grands vins suisses à l’étranger que les élucubrations ruineuses de feu l'impéritieuse Swiss Wine Communication ! Et puis, il faut le dire, on est heureux pour François Mauss qui voit triompher, à travers de telles dégustations, ses idées iconoclastes mais visionnaires !
L’air vif et la neige qui scintille sur les crêtes constitueraient un excellent prétexte pour chausser les raquettes et filer sur des itinéraires de hasard par forêts et par silences, là-bas, du côté du Jura. D’autant que la lumière a ce côté ciselé, adamantin, qui fouette le regard et vous laisse sans voix, face au paysage qui s'incruste en vous...
Mais, voilà, un passage-éclair ce matin, en ville, en décidera autrement. Un marché liliiputien surgi au milieu du flot des magasins, quelques légumes qui n’ont pas l’air trop bio-cons, une amie que l’on croise et qui vous quitte sur cette envie : c’est un vrai temps à pot au feu ! La célèbre boucherie du Molard, juste à côté – ces fumets de viande rassie quand on y entre, ces fragrances des lointains ignorés. On va y quérir ses meilleurs morceaux comme Michel-Ange se rendait à Carrare pour y choisir les marbres où tailler le Jugement dernier ! * Et, tout à coup, l’inspiration qui vous tombe dessus, sans prévenir. Telle un coup de foudre. Pour ce soir, ce sera un Pot au feu de veau au foie gras et légumes d’automne. Une recette que je dédie au redoutable et estimable François Simon !
 
Bon... on est où, là ?...

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Idée pour agrémenter un dimanche enneigé.

Mardi 13 Novembre 2007, 19:00 GMT+2par Jacques Perrin
Ouf, la neige est là ! 1.40 m déjà à Klosters, on va pouvoir ressortir les lattes et filer bientôt en crissant dans les pentes immaculées. Quoique… Chaque année, j’ai l’impression que le film se répète : une précoce floconnade vers la St-Martin, tourbillons et ivresses hivernales, rêves de virginité. Puis, plus rien, tout s’efface... Le paysage est rendu à sa bure sombre. Et on passe tout un décembre à jouer les haruspices, à sonder les entrailles de la terre, à errer d’une station météo à l’autre : viendra, viendra-t-elle pas ? Pendant que les stations de ski vous bombardent de bulletins euphoriques écrits par des canons à neige, tout un peuple d’orpailleurs des neiges attend, tapi au fin fond des chaumières, prêt au moindre signe à se lancer à l’assaut des cimes entrelacées de câbles et de stations intermédiaires. Curieuse, cette addiction : toute l’année, on vit dans cette cohue, dans des transports en commun bondés, des métros en voie d’implosion et, les vacances enfin arrivées, on recommence…

Bon, il y a autre chose dans la vie que de jouer les badauds sur un billard lissé au Ratrack. En attendant, pour un dimanche enneigé ou pas, voici une idée culinaire de saison, dûment testée et affûtée :
Jarret de veau entier confit au four, son jus réduit aux châtaignes, fagioli risina
 
Le Jarret de veau après 5.30 de cuisson.  

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